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C'est parce qu'ils étaient chrétiens que les Shebabs ont tué les étudiants au Kenya

Temps de lecture : 2 min

Une ambulance arrive sur un campus de Garissa, au Kenya, le 2 avril 2015, après une attaque des shebab. REUTERS/Noor Khamis
Une ambulance arrive sur un campus de Garissa, au Kenya, le 2 avril 2015, après une attaque des shebab. REUTERS/Noor Khamis

Cinq terroristes membres des shebabs ont pris d'assaut l'université de Garissa, dans le nord du Kenya, le 2 mars 2015, au petit matin, causant la mort de 147 personnes.

Les victimes ne semblent pas avoir été choisies au hasard. Comme nous le racontons dans un article sur les raisons du ciblage des écoles ou universités par des groupes terroristes, le porte-parole des Shebabs, Ali Mohamoud Raghe, a justifié l’attaque du campus de Garissa ainsi:

«Il a dit que l’université avait été ciblée parce qu’elle éduquait de nombreux étudiants chrétiens sur une “terre musulmane colonisée” (…) que l’université faisait partie du plan du Kenya de “propager le christianisme et l'infidélité”.»

Sur le site de CNN, une personne présente sur le campus à ce moment-là et qui a pu voir l'attaque se dérouler explique que les shebabs ont fait irruption lors d'une messe. Ils ont pris des otages, et «sont [ensuite] allés dans les chambres, en tirant sur tous ceux qu'ils ont croisés, à l'exception des musulmans».

Le Wall Street Journal rapporte de son côté le témoignage de l'un des étudiants de l'université, otage des hommes armés:

«L'un d'entre eux nous a demandé de nous coucher sur le sol, ce que l'on a fait. Il nous a ensuite demandé si nous étions musulmans, et j'ai répondu "Oui. S'il vous plaît ne nous tuez pas, nous sommes musulmans." Il nous a demandé de réciter la Chahada [la profession de foi de l'islam] et je l'ai récitée très fort. Mes amis ont fait pareil. Il nous a dit: "Vous pouvez partir maintenant."»

Dans un autre article, titré «Tuer des chrétiens au Kenya», le quotidien américain explique qu'avec «une sombre prévisibilité, le week-end de Pâques amène ses attaques islamistes annuelles contre des chrétiens dans le Moyen-Orient et en Afrique. Cette année, cela a commencé au Kenya»:

«Les meurtres de ces étudiants chrétiens révèlent, une nouvelle fois, la dure réalité du chaos qui se répand dans ces régions. La réalité est que de multiples armées djihadistes invoquent l'islam et s'engagent dans une stratégie planifiée non pas simplement d'agrandissement territorial, mais d'extermination.»

Ce n'est en effet pas la première fois que les shebabs procèdent ainsi, en visant un groupe particulier. L'agence de presse américaine Associated Press racontait en novembre 2014 l'attaque d'un bus au nord du Kenya par une vingtaine de membres du groupe terroriste qui avait coûté la vie à 28 des 60 passagers. L'un de ceux qui avaient survécu avait alors expliqué:

«Ils ont tiré à bout portant sur tous ceux qui n'ont pas su réciter la Chahada.»

Slate.fr

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