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L'Easter Egg dans les codes est-il en voie de disparition?

Temps de lecture : 2 min

Easter egg du Tardis via Google Street view
Easter egg du Tardis via Google Street view

Du pinball sur Microsoft Word 1997 au jeu Snake sur Youtube les Easter Eggs, ces bouts de code insérés en secret dans un programme créés par Warren Robinett en 1979 ont souvent rendu Internet plus drôle.

La BBC raconte que ces petites surprises pourraient disparaître. C'est ce que pense Diomidis Spinellis, spécialiste en informatique et auteur de The Elements of Computing Style:

«Comme la programmation est devenue plus entrepreneuriale, plus officielle, on ne peut pas avoir un code qui n’est pas officiellement approuvé.»

Brendan Quinn, un architecte logiciel de Londres, ajoute que les Easter eggs «ont toujours lieu, mais il y a moins de chance que ce soit des petits bouts de code, ils sont plutôt cachés dans la documentation ou dans les commentaires de code». Le problème étant que si une entreprise ne peut pas empêcher les développeurs d’intégrer des éléments cachés dans le code, comment être sûr qu’ils n’y ont pas aussi intégré une porte dérobée?

En 1997, Steve Jobs a interdit les Easter Eggs que l'équipe d'Apple intégrait depuis 1987 dans les anciens Macintosh. Leur création faisait perdre du temps aux développeurs, alourdissait le disque dur et permettait aux entreprises concurrentes de débaucher les développeurs puisque la surprise était leur photo et leurs noms. Microsoft les a interdit à son tour en 2002 et utilise maintenant des vérificateurs de code automatiques.

Les choses changent aussi à l’extérieur des entreprises. Avec l’émergence des logiciels libres, les développeurs amateurs sont eux aussi passés à des techniques de programmation plus professionnelles. Il n’est pas rare, selon Diomidis Spinellis, que les entreprises sélectionnent leurs employés en regardant les codes qu’ils ont créés sur des sites comme GitHub.

Mais certains développeurs estiment que la rumeur sur la mort des Easters Eggs est très exagérée. Jamie Zawinski, qui a contribué à la création des anciennes versions de Mozilla et de Netscape affirme:

«Je ne pense pas que les Easter Eggs disparaîtront un jour, parce que la programmation sera toujours une activité créative, pas de la simple comptabilité.»

Aujourd’hui, les Easter Eggs sont de moins en moins insérés discrètement dans le code, les équipes de management sont au courant de leur présence et les ont testés. Comme Google, pour qui ces petites surprises font partie de sa stratégie marketing.

Easter Egg Archive, qui recense les Easter Eggs, a trouvé des exemples récents dans des logiciels comme le logiciel de dessin AutoCAD. Ou encore les créateurs de puces informatiques comme Intel et Hewlett Packard, qui ont l’habitude d’inclure des dessins sur leurs puces.

On trouve aussi des Easter Eggs dans les jeux vidéo récents, comme Battlefield Hardline, comme le rapporte MCM. On y trouve des clins d’oeil à Dead Space, une autre saga développée par le même studio (Visceral), ou encore un canapé utilisable comme véhicule.

Le site canadien Global News a compilé quelques-uns des meilleurs Easter Eggs. Il évoque «Do a barrel roll» et «Zerg Rush» de Google, le petit globe du menu de Facebook qui change selon le pays dans lequel vous vous trouvez, ou encore le code Konami, qui donne accès à beaucoup d’Easter Eggs sur les sites web.

Slate.fr

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