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Pourquoi les terroristes ciblent-ils les écoles et les universités?

Temps de lecture : 2 min

Photos des enfants victimes de la prise d'otages de Beslan, le 30 août 2005.  REUTERS/Sergei Karpukhin Pictures of the Month August 2005 TP/LA
Photos des enfants victimes de la prise d'otages de Beslan, le 30 août 2005. REUTERS/Sergei Karpukhin Pictures of the Month August 2005 TP/LA

Jeudi matin, l’université de Garissa au Kenya a été prise d’assaut par un groupe d’hommes armés, des Shebab, militants islamistes somaliens liés à al-Qaida, relate Le Monde. L’attaque qui a fait au moins 147 morts et 79 blessés fait partie d’une tendance plus générale selon Quartz: «De plus en plus d’organisations terroristes semblent cibler des établissements d’enseignement.» Mais pour quelles raisons?

On se souvient de la prise d’otages de Beslan en Russie en 2004, de la tuerie dans une école juive de Toulouse en 2012, de l’enlèvement des lycéennes de Chibok par Boko Haram en avril 2014 et du massacre de l’école militaire de Peshawar au Pakistan fin 2014.

The Atlantic soulignait après ce dernier évènement, en se fondant sur les données de l’université du Maryland, que le nombre d’attaques terroristes contre les écoles a grimpé en flèche depuis 2004.

Graphique réalisé par The Atlantic.

Quartz avance deux raisons principales pour expliquer cette tendance «perceptible». La première: «Les écoles et les élèves sont des cibles symboliques Emma Bradford et Margaret A. Wilson, spécialites en psychologie légale de l’université de Liverpool, livraient ainsi l’analyse suivante dans le Journal of Police and Criminal Psychology: «Ces attaques suscitent une forte réaction émotionnelle.»

Elles ajoutaient:

«Les écoles et les autres établissements d’enseignement représentent des cibles vulnérables. Une cible vulnérable est un site relativement peu gardé où des personnes se rassemblent, souvent en grand nombre, ayant en conséquence le potentiel pour des pertes massives.»

Mais, «il existe également des raisons précises, politiques et culturelles poussant des terroristes à cibler une école ou une université», poursuit Quartz. «L'acte est le message. Les terroristes qui attaquent les écoles veulent réduire le nombre d'institutions qui diffusent des idéologies contraires à leur vision du monde.»

«Ils attaquent ce qu’ils considèrent comme des institutions de la culture occidentale», expliquait Ebrahim Moosa, professeur spécialisé dans les études islamiques, à CS Monitor après le massacre de l’école militaire de Peshawar. «Ils pensent que le processus d’occidentalisation commence à l’école», cite Quartz.

«Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi Garissa a été prise pour cible», dit Quartz qui estime que les écoles et universités kenyanes sont ouvertes aux échanges culturels, et d’idées, «un concept qui s’oppose directement aux idéologies rigides de groupes tels que celui des Shebabs».

Le porte-parole des Shebabs, Ali Mohamoud Raghe, a justifié l’attaque du campus de Garissa de la façon suivante, relatait le New York Times le 2 avril:

«Il a dit que l’université avait été ciblée parce qu’elle éduquait de nombreux étudiants chrétiens sur une “terre musulmane colonisée” (…) que l’université faisait partie du plan du Kenya de “propager le christianisme et infidélité”.»

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