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Les shebab maintiennent le Kenya dans l'insécurité permanente et le gouvernement ne les combat pas

Temps de lecture : 2 min

La dernière attaque meurtrière lancée jeudi 2 avril sur l'université de Garissa, dans le nord du pays, et revendiquée par les shebab, fait suite à bien d'autres.

Une ambulance arrive sur un campus de Garissa, au Kenya, le 2 avril 2015, après une attaque des shebab.  REUTERS/Noor Khamis
Une ambulance arrive sur un campus de Garissa, au Kenya, le 2 avril 2015, après une attaque des shebab. REUTERS/Noor Khamis

Au moins 70 étudiants ont été tués dans l'attaque par les shebab d'un campus universitaire au Kenya, à Garissa, une ville kényane à 150 km de la frontière somalienne. Et ce nombre sinistre s'additionne aux violences qu'a connu le pays ces dernières années, très largement du fait de ce groupe d'insurgés-terroristes qui s'est «associé» à al-Qaida en 2013.

En juillet 2014, le magazine Foreign Policy énumérait ainsi:

«En septembre 2013, 71 personnes sont mortes lorsque des militants shebab ont attaqué le centre commercial de Westgate. (...) Le 16 mai, 10 personnes ont été tuées dans des explosions sur le marché de Nairobi. Sept personnes étaient mortes deux semaines plus tôt dans l'explosion de bus à Mombasa et Nairobi. En ne comptant que juin et la première semaine de juillet, plus de 100 personnes sont mortes dans cinq attaques dans trois villes sur la côte kényane. Au moins 29 personnes sont mortes dans deux assauts contre Hindi et Gamba, deux villes du nord de la côte kényanne le 5 juillet. Des raids similaires ont tué 69 personnes en huit jours en juin dans et autour de la ville Mpeketoni, sur la côte Nord Est du Kenya, près de l'archipel de Lamu. A Mpeketoni, Hindi et Gamba, des non-musulmans ont été isolés et exécutés. Des commerces, y compris des hôtels, des banques, et des stations essence ont été incendiés. Les shebab ont revendiqué leur responsabilité dans toutes ces attaques, et disent qu'ils n'arrêteront leurs offensives que lorsque les troupes kényanes quitteront les forces de l'Union Africaine qui combattent les Islamistes en Somalie.»

L'article de Foreign Policy de 2014 expliquait que le président en place, Uhuru Kenyatta, impute un certain nombre de ces attaques à son opposition politique, ce qui lui permet d'émettre des griefs et de se détourner du vrai problème. «De nombreux analystes —et les Kenyans eux-mêmes— jugent que les affrontements inter-ethniques et la violence politique pourraient être une distraction mortelle pour le gouvernement, qui devrait se concentrer sur le fait de stopper ce proxy est-africain d'al-Quaida» que sont les shebab. «Mais l'élite politique à Nairobi a d'autres priorités que le bien du pays.»

Alors qu'en février dernier près de 200 professeurs travaillant dans la partie nord-est du Kenya avaient manifesté pour réclamer leur réaffectation, «traumatisés» par les attaques, rappelle ce 2 avril le Parisien, le président redisait à la veille de l'attaque que «le Kenya est aussi sûr que n'importe quel autre pays dans le monde». Londres venait alors d'émettre de nouvelles mises en garde à ses citoyens sur la sécurité au Kenya.

Après l'attaque, le président annonçait:

«Tout le monde doit être sur ses gardes dans le pays alors que nous confrontons et devons faire échouer nos ennemis.»

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