France

Primaire UMP contre primaire PS: le jeu des sept différences

Pierre Lemerle, mis à jour le 02.04.2015 à 15 h 51

Dates, coût, bureaux de vote, nombre d'électeurs attendus... Comparons le scrutin socialiste de 2011 et celui que doit organiser la droite en 2016.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 3 décembre 2014 au siège de l'UMP. REUTERS/Charles Platiau.

Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, le 3 décembre 2014 au siège de l'UMP. REUTERS/Charles Platiau.

Les bases de la primaire en vue de la prochaine présidentielle sont posées à droite. Le Monde révèle, ce jeudi 2 avril, la charte qui doit être validée par les dirigeants de l'UMP lors d'un bureau politique le 14 avril.

Perplexes, dénonçant même un «fichage» des électeurs en 2011, les dirigeants de la droite républicaine se sont ralliés dans les grandes lignes à la primaire socialiste, vue comme un «modèle» par Alain Juppé.

Quelques différences demeurent toutefois: en voici sept.

La primaire de la droite et... du centre

Comme pour le PS, le vote est ouvert à tous les citoyens à condition qu’ils signent une charte. En 2011, les électeurs devaient partager «les valeurs de la Gauche et de la République»; pour l’UMP, ils devront porter «les valeurs républicaines de la droite et du centre».

Le Modem et l'UDI sont donc invités à participer au scrutin, appel que n'avait évidemment pas lancé le PS (même si François Bayrou avait finalement voté, à titre personnel, pour François Hollande). Un fait qui rappelle le positionnement historiquement à droite du centre en France: comme l'a un jour dit François Mitterrand, «le centre n’est ni de gauche, ni de gauche».

Les négociations sont toujours en cours pour une primaire rassemblant la droite et le centre. Si les partis centristes acceptent cette proposition, ils devront se ranger derrière le candidat vainqueur de la primaire pour l'élection présidentielle.

Date du scrutin: un mois et demi plus tard que le PS

Le premier tour de la primaire de la droite aura lieu le dimanche 20 novembre 2016, et l'éventuel second tour le 27. Une élection tardive qui doit permettre d’éviter toute candidature dissidente au premier tour de la présidentielle.

Chaque candidat doit ainsi s’engager «à soutenir publiquement le candidat à la présidence de la République désigné à l’issue de la primaire et à prendre part à sa campagne.»

Les socialistes avaient choisi d’organiser leur primaire plus tôt, les 9 et 16 octobre 2011, certains membres du PS allant jusqu’à demander une élection en juin afin de lancer la campagne présidentielle rapidement. Une stratégie devant éviter que le parti étale ses divisions juste avant la présidentielle.

Coût du bulletin de vote: un euro de plus

Les socialistes avaient fixé le coût de la participation à la primaire à 1 euro symbolique; à l’UMP, il sera de 2 euros pour que le scrutin puisse s’auto-financer, d'après Le Monde. Lors de la primaire PS, les électeurs pouvaient verser plus s'ils le souhaitaient et le versement moyen avait été supérieur.

Nombre de bureaux de vote: 2.000 de moins à droite

Pour la première expérience de ce type en France, le PS avait ouvert entre 9.500 et 10.000 bureaux de vote sur l’ensemble du territoire, soit autant que le nombre de cantons à l'époque.

L’UMP a décidé d’en ouvrir 8.000, soit au moins sept par circonscription électorale, le nombre de bureaux dépendant également de l’implantation du parti. Dans les circonscriptions avec un fort électorat de droite, le nombre de bureaux pourra monter jusqu’à 20. En comparaison, 650 bureaux de votes avaient été ouverts lors du scrutin rocambolesque pour la présidence de l'UMP en 2012, qui avait plongé le parti dans la crise

Nombre de votants: un objectif plus élevé que celui que s'était fixé le PS, moins élevé que ce qu'il avait atteint

Alain Juppé et François Fillon espèrent rassembler au moins 2 millions de votants.

En 2011, les socialistes s’étaient montrés prudents sur la mobilisation attendue. Le parti avait fixé un seuil de réussite à plus d'un million d’électeurs. Au final, 2,7 millions de sympathisants avaient participé au premier tour, 2,9 millions au second.

Candidatures: un parcours du combattant pour l'UMP

Le parrainage a été l’objet de débats importants au sein du parti. Afin d’éviter un nombre de candidats trop importants, les contraintes ont été multipliées, d'après Le Monde.

Chaque candidat devra être parrainé par au moins 25 parlementaires, 250 élus répartis sur 30 départements minimum et 2.500 adhérents répartis sur au moins 15 départements. Un parcours du combattant qui devrait rendre plus difficile la candidature de candidats moins connus comme Nathalie Kosciusko-Morizet, d'après le Figaro. La vice-présidente de l'UMP avait d'ailleurs plaidé pour un seuil de parrainages plus bas.

En 2011, les socialistes avaient choisi un système de parrainage plus ouvert en appliquant la règle des 5%. Les candidats avaient le choix d’être parrainés soit par 5% des parlementaires socialistes (17 parrainages), soit par 5% du Conseil national (16 parrainages), soit par des maires socialistes de villes de plus de 10.000 habitants (16 parrainages sur 4 régions), un seul parrainage par personne étant autorisé. Six candidats avaient finalement pu participer.

A noter que la primaire se veut plus ouverte pour les partis centristes. L'UDI et le Modem, s'ils participent, ne seront pas obligés de passer par ce système de parrainage. D'après Le Monde, ils pourront utiliser leur propre système de désignation.

Des comptes de campagne publics

Nouveauté de la primaire UMP: les comptes de campagne des candidats seront rendus publics. Afin d'éviter des débordements, Alain Juppé a insisté, d'après Le Monde, pour fixer un plafond de dépenses dont le montant n'est pas encore connu.

Le règlement intérieur des primaires citoyennes du PS ne mentionnait pas un tel contrôle. En cas de litiges, les candidats pouvaient seulement se plaindre auprès de la Haute autorité en charge du scrutin.

Pierre Lemerle
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