Tech & internet

Si c'est bien la Chine qui censure Github, elle prend le risque de perdre beaucoup économiquement

Repéré par Pierre Lemerle, mis à jour le 31.03.2015 à 19 h 01

Repéré sur The New York Times, Vox, Le Monde

Le logo de la plateforme Github attaqué par Bruce Williams via FlickrCC License by

Le logo de la plateforme Github attaqué par Bruce Williams via FlickrCC License by

La plus grande menace connue par le site. Jeudi 26 mars, le plateforme collaborative Github a été la cible d’une cyberattaque «par déni de service», rapporte le Monde, qui n'a toujours pas été repoussée totalement par ses ingénieurs, ce mardi. Responsable de cette attaque? Le gouvernement chinois est montré du doigt par nombre d'observateurs, comme le New York Times.

Pékin tenterait d'imposer sa censure sur cet outil de programmeurs. Principalement connue par les techniciens du web, cette plateforme peut proposer du contenu utile au grand public. En France, le code civil y est ainsi disponible en intégralité depuis ce 31 mars avec comme avantage d'être plus facilement lisible que l'ouvrage de droit ou que le site Legifrance. Les modifications de loi sont soulignées et mises en valeur dans le texte, comme ici avec la loi sur le mariage pour tous, rendant plus compréhensibles et plus faciles à suivre les changements de législation.

Github permet également d'accueillir des pages retirées du web d'un pays.

Un site contre la censure

Là est le problème pour le gouvernement chinois. Le service héberge des projets s’attaquant à la censure du web, notamment ceux du New York Times et du site Great Fire.org. Ce dernier, géré depuis San Francisco, comme l'explique le New York Times, s'oppose à la censure et propose des codes pouvant débloquer des sites interdits en Chine, violant ainsi les lois chinoises en passant par l'étranger.

Pourquoi ne pas s'attaquer seulement à ces pages? Github utilise un protocole de sécurisation SSL, ce qui ne permet pas de bloquer qu’une partie du service. L'agresseur est donc obligé d’attaquer l’ensemble.

D'après le New York Times, le gouvernement chinois aurait utilisé un système de filtres Internet servant d'habitude à bloquer les contenus sensibles venant de l'étranger pour rediriger une multitude d'internautes vers Github, générant ainsi une attaque par «déni de service» (DDOS). Le service s’est donc retrouvé saturé, sans s’arrêter de fonctionner complètement.

Un blocage pouvant être dangereux pour la Chine

Mais, en bloquant ces sites, le gouvernement chinois prend le risque d’endommager son industrie informatique, relève Vox. La plateforme est, avant tout, un lieu de travail pour les programmeurs, elle permet à 9 millions d'utilisateurs d'échanger, de commenter à distance des projets web. Or, parmi les 21 millions de projets web regroupés sur cet outil, un bon nombre font travailler des développeurs chinois. Une situation qui avait déjà fait flancher Pékin en 2013. Comme le rappelle Vox, les dirigeants avaient déjà tenté de bloquer le site. Les ingénieurs chinois s'étaient alors plaints au gouvernenement, expliquant qu’ils n’étaient pas en mesure de travailler sans avoir accès au site.

Le fondateur de Google Chine, Lee Kai-Fu, avait souligné les pertes que représentaient l'arrêt du site pour son pays«[Le blocage] isole les programmeurs chinois des développeurs chinois (…) il atteint la compétitivité.» Résultat, deux jours après, la censure était levée.

Pour les dirigeants chinois, le dilemme est là : bloquer Github et perdre en compétivité ou laisser ses utilisateurs avoir accès à des contenus «sensibles».

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