France

Le vrai vainqueur des élections départementales, c'est Vladimir Poutine

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 31.03.2015 à 14 h 39

Repéré sur The Wall Street Journal

Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine à Paris, le 11 juin 2010. REUTERS/Philippe Wojazer

Nicolas Sarkozy et Vladimir Poutine à Paris, le 11 juin 2010. REUTERS/Philippe Wojazer

Et si le vrai vainqueur des départementales n'était ni Nicolas Sarkozy, ni Marine Le Pen? Pour John Vinocur, qui publiait ce lundi 30 mars une tribune dans le Wall Street Journal, le vainqueur des élections qui se sont tenues ces 22 et 29 mars, c'est Vladimir Poutine:

«Les conservateurs gaullistes menés par l'ancien président Nicolas Sarkozy qui a décrit la "séparation entre l'Europe et la Russie" comme étant une "tragédie" et qui voit la Russie de Poutine comme le "partenaire" naturel de la France a remporté 29,4% des suffrages au premier tour.

Le Front national, le parti d'extrême droite conduit par Marine Le Pen, a obtenu 25,2% des voix au premier tour, le 22 mars, et 22,2% au second tour. Elle s'enthousiasme devant le leader russe, un “patriote”, pendant que son parti déclare que la France doit quitter le commandement unifié de l'Otan et appelle à une alliance stratégique avec la Russie fondée sur un "partenariat militaire et énergétique".»

Si l'éditorialiste estime que l'on ne peut savoir la part des votants qui soutiennent ces vues internationales, cela reflète la faiblesse de la géopolitique américaine sur le Moyen-Orient et l'Ukraine. L'article est une critique de la politique internationale d'Obama et affirme que n'ayant pas été considéré comme il le souhaitait par le président américain, Nicolas Sarkozy se désaméricanise (Laurent Fabius, en 2006, l'avait qualifié de «caniche des Etats-Unis») et commence «à jouer sur les cordes nationalistes avant de se lancer dans une nouvelle course à la présidentielle, pour 2017». 

Quant à Marine Le Pen, après avoir dédiabolisé le parti, ses signaux pro-Poutine et anti-Etats-Unis indiquent aux militants que «les instincts d'origine de géopolitique du Front national vont en rester la doctrine».

Ce rapprochement de l'extrême droite française avec la Russie n'est cependant pas nouveau. En avril 2014, Mathieu Martinière présentait Poutine comme «l'ami de l'extrême droite européenne». Un mois plus tard, Joël Glombin racontait comment l'extrême droite est devenue russophile. Le mois dernier, c'est Andrew-Sebastien Aschehoug, qui expliquait la stratégie de soft-power russe:

«Marine Le Pen répète fréquemment son admiration pour le président russe et, selon Jean-Marie Le Pen, "le corpus de valeurs défendu par Vladimir Poutine est désormais le même que celui du FN".

Faire progresser les idées de Marine Le Pen, c’est donc faire progresser celles de la Russie, et l’inverse. Et peut-être faire advenir le fantasme d’une dislocation de l’Union européenne, d’une sortie de la France de l’Otan, voire d’un renversement de l’équilibre du Conseil de sécurité de l’ONU en faveur de la Russie.»

Malgré cela, «la position embarrassante, voire écœurante des deux leaders n'est peut être pas permanente», commente l'ancien rédacteur en chef de l'International Herald Tribune. John Vinocur rappelle que cette position n'est pas forcément partagée au sein des rangs de l'UMP où Alain Juppé, «l'un des rivaux de Nicolas Sarkozy pour la désignation à la présidentielle», avait expliqué qu'à un moment il faudrait dire stop à Vladimir Poutine.

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