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Les réseaux sociaux vous «protègent» des corps des femmes réelles

Repéré par Bénédicte Le Coz, mis à jour le 31.03.2015 à 14 h 51

Repéré sur The Guardian, L'Obs, Jezebel, Mic

Rupi Kaur via Facebook

Rupi Kaur via Facebook

«Quand est-ce que la société acceptera le corps des femmes, demande Jessica Valenti, chroniqueuse pour The Guardian. Son article fait suite à la décision d'Instagram de retirer de sa plateforme, par deux fois, le 25 mars, «un cliché montrant une jeune femme allongée sur un lit, pantalon et drap tachés de sang», comme le décrivait l’Obs. Une mesure qui illustre la «misogynie» et le «patriarcat» du réseau social avait réagi Rupi Kaur, auteure du post et qui avait rédigé une lettre ouverte après ce retrait.

Instagram n'est pas le seul à faire ça, estime Jessica Valenti. Tous les réseaux sociaux s’efforcent de «protéger» les hommes d’images trop réalistes du corps féminin –des hommes qui ont grandi entourés d’images «aseptisées et sexualisées».

Ainsi, des clichés de seins quasi-dénudés sont jugés acceptables sur les réseaux sociaux, mais montrer une femme en train d’allaiter non, souligne-t-elle. Facebook, encore récemment, supprimait les images d'allaitement si les tétons étaient visibles, comme le relevait notamment The Guardian.

«Les photos de femmes peu vêtues sont courantes, mais s’il s’agit d’une femme enrobée qui pose, son compte risque d’être supprimé», poursuit Jessica Valenti. En 2014, Samm Newman a en effet vu son compte effacé par Instagram après avoir partagé une photo d'elle en sous-vêtements, relevait alors Jezebel.

Les photos postées par Samm Newman, via Jezebel.

De même, «des gros plans de postérieurs sont autorisés», ajoute Jessica Valenti. Par contre une image laissant apercevoir des poils publiens a été bannie d'Instagram début 2015, comme l'avait relevé Mic.

«Le message ne pourrait être plus clair: les images sexxxxxxy sont appropriées, mais les images de corps féminins faisant des choses naturelles ne le sont pas. Ou, pour le dire plus grossièrement: seulement des images de femmes que les hommes pourraient vouloir se taper, s'il vous plaît.»

Pourtant, la nature même des réseaux sociaux encourage les femmes à créer un autre récit, souligne la chroniqueuse, un récit qui irait à l'encontre des images véhiculées par la pop culture et les médias de masse.

Et, même si Instagram a finalement restauré la photo de Rupi Kaur, et que Facebook autorise maintenant les photos de femmes allaitant, un long chemin reste à parcourir.

«Les entreprises de technologie vont devoir accepter que les femmes soient humaines pas seulement des images-miroir de ce que la pop culture voudrait que nous soyons.»

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