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Les inégalités salariales sont mauvaises pour la santé de tous

Repéré par Pierre Lemerle, mis à jour le 31.03.2015 à 15 h 56

Repéré sur The New York Times

D'après une étude américaine, les écarts de revenus ne nuiraient pas seulement à la santé des personnes en bas de l'échelle sociale. La santé de l'ensemble des individus pourraient être touchée par celle-ci.

Income Inequality / mSeattle via FlickrCC License by

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A revenu égal, une personne a plus de chance d'avoir des problèmes de santé dans une société inégalitaire que dans un monde égalitaire. Du moins, c’est ce que semble prouver une étude de l’université du Wisconsin reprise par le New York Times.

«Ce n’est pas seulement le niveau de revenu qui importe, explique Bridget Catlin, la codirectrice du projet, c’est aussi une question de redistribution.»

Les personnes vivant dans des sociétés plus égalitaires auraient une espérance de vie plus grande, d’après l’étude réalisée sur l’ensemble des Etats-Unis. En comparant les Etats américains les plus égalitaires et leurs voisins, les chercheurs ont montré que les personnes vivant dans les premiers territoires pouvaient vivre jusqu'à 11 ans de plus que celles vivant là où les inégalités de revenus sont fortes.  

Répertoriés sur cette carte, ces résultats pourraient avoir plusieurs causes d’après eux.

La première est simple. Plus un salarié est pauvre, plus il va avoir de difficultés à payer ses soins tandis qu'un salarié au revenu important pourra toujours, même si son revenu baisse. Dans ce cas, c’est la baisse du nombre de personne au revenu très faible qui aurait un impact sur la moyenne national.

Des inégalités génératrices de stress mortifère

Deuxième théorie, plus sociologique, les inégalités auraient un impact sur la cohésion sociale qui aurait elle-même un impact sur la santé. Les personnes aisées dans des sociétés fortement inégalitaires ayant moins tendance à investir dans l’éducation, la santé, ou dans d’autres services sociaux. 

Ils développeraient un«entre-soi», pour reprendre les termes de François Dubet, moins enclin à investir ailleurs que dans son propre milieu. Le sociologue explique dans Préférence pour l'inégalité: Comprendre la crise des solidarités comment par peur de perdre son emploi, son statut social, etc. les individus s'enferment dans leur milieu.

«Les individus ne recherchent pas les inégalités, mais leurs choix les engendrent.»

Ce stress, l'enquête l'évoque en expliquant que les individus sont davantage soumis à ce problème dans les sociétés inégalitaires et donc aux problèmes mentaux ou aux risques cardiaques lui étant liés. La peur du déclassement, pour reprendre le titre de l'ouvrage de Camille Peugny consacré à la crainte de dégringoler de l'échelle sociale, aurait alors un effet direct sur la santé.

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