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Et si Facebook était sur le point de sauver les médias au lieu de les vampiriser?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 30.03.2015 à 11 h 12

Repéré sur Quartz

Facebook. REUTERS/Dado Ruvic

Facebook. REUTERS/Dado Ruvic

La semaine dernière, le 23 mars 2015, le New York Times annonçait que Facebook avait «discrètement mené des discussions avec au moins une demi-douzaine de compagnies de médias autour de l’idée d’héberger leur contenu dans Facebook plutôt que d’obliger les utilisateurs à cliquer sur un lien qui les mène à un site extérieur». Parmi ces médias se trouvaient le quotidien américain, BuzzFeed ou encore National Geographic.

Depuis, plusieurs voix se sont fait entendre pour s'insurger de ce «pacte faustien», comme le décrivait Will Oremus sur Slate. Beaucoup de médias ont d'ailleurs fait référence à un article publié il y a près d'un an par David Carr dans le New York Times qui estimait, comme le remarque Quartz, qu'un tel choix ferait essentiellement des entreprises de médias des «serfs dans un royaume que contrôlerait Facebook». C'est d'ailleurs ce que critique Marie-Laure Sauty de Chalon, la présidente d'Au Féminin, dans le Figaro:

«Le problème avec Facebook, c'est que c'est le loup dans la bergerie. Une fois que vous rentrez dans son système, il ne vous partage rien, donc il vous dévore. Nous l'avons vu avec la vidéo. A la différence de YouTube, qui s'intéresse à vos contenus, les référence et qui peut les préfinancer, ou à la différence de Google, qui accepte de partager les revenus publicitaires avec AdSense, Facebook vous prend vos contenus et ne vous donne rien.»

Alors, pourquoi plusieurs organisations ont-elles décidé de travailler avec le réseau social? Will Oremus expliquait que «collectivement, les médias d’actualité seraient fous de remettre leur sort entre les mains de Facebook. Individuellement en revanche, ils seraient fous de ne pas le faire».

Quartz va un peu plus loin, et estime dans un article publié ce week-end que «Facebook ne va pas tuer le journalisme. Il pourrait même le sauver».

Le site américain considère que les arguments pour ne pas publier du contenu journalistique sur Facebook sont nombreux: trop de contrôle, le mystère de l'algorithme, perte de revenues publicitaires... Selon Leo Mirani, ce serait de bons arguments si l'on fermait des sites classiques «pour aider Facebook à construire sa version parallèle de l'Internet. Mais ce n'est pas le cas ici».

Il prend l'exemple de la newsletter qui n'ajoute pas des visiteurs uniques, mais qui permet de construire un lectorat et de se connecter à son public, des vidéos que l'on poste sur YouTube avant de les mettre sur son site, des expériences menées par certains médias sur Snapchat.

Il explique que les articles qui dominent aujourd'hui les médias sont ceux qui auraient été ostracisés il y a encore quelques années. Et que cela s'est produit parce que les lecteurs cliquent davantage dessus et que l'immense trafic en provenance de Facebook a poussé les médias à faire plusieurs modifications.

«Les journalistes, comme tout le monde, peuvent être résistants au changement. Beaucoup n'ont pas une vision d'ensemble. Beaucoup sont grincheux. Mais nous sommes tous d'accord sur une chose: nous aimerions que notre travail soit lu, vu, ou entendu. Pour que cela se produise, nous devons aller là où nos lecteurs, spectateurs et auditeurs sont. Nous ne pouvons pas continuer à insister à leur demander de venir à nous. Et aujourd'hui, l'endroit où ils se regroupent, c'est Facebook.»

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