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Il y a 30 ans était tué le dernier soldat américain en ex-RDA

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 30.03.2015 à 9 h 01

Repéré sur Die Welt, Berlin.de

Lors du transfer d'Arthur D. Nicholson  via Wikipedia, License CC

Lors du transfer d'Arthur D. Nicholson via Wikipedia, License CC

Le 24 mars 1985, l'officier américain Arthur D. Nicholson a été abattu par des tirs de kalachnikov alors qu'il effectuait une mission de reconnaissance à Techentin, dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, une région au nord de l'Allemagne. Mission qui consistait à photographier les abords d'un terrain de manœuvre destiné aux panzers de l'Armée rouge.

La présence d'Arthur D. Nicholson et de son chauffeur Jessie Schatz, qui a survécu à l'attaque, n'était pourtant pas illégale sur le territoire de la RDA: en 1946, les quatre puissances alliées qui avaient remporté la Seconde guerre mondiale avaient signé un accord les autorisant à mener des missions militaires de liaison dans les zones des unes et des autres, explique le quotidien Die Welt.

Cette «licence d'espionnage», comme l'historien berlinois et curateur du Musée des alliés Bernd von Kostka surnomme cet accord, avait pour but de créer de la confiance entre les quatre puissances alliées qu'étaient les États-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l'URSS, mais fut avant tout utilisée par les trois premières pour surveiller la quatrième et vice-versa pendant la guerre froide:

«Comme la liberté de mouvement leur était garantie à quelques exceptions près, les membres des missions militaires effectuaient des missions de reconnaissance de manière légale. Ils se déplaçaient la plupart du temps en équipe de deux ou trois personnes à bord de voitures bricolées à proximité des sites militaires et documentaient entre autres le nombre et le type de panzers, les matricules des unités ou les avions de combats qui atterrissaient dans les aérodromes militaires.»

Si les soldats de la mission militaire soviétique pouvaient mener leurs missions en toute tranquillité en Allemagne de l'Ouest – il n'y eu qu'un seul échange de tirs en plus de quarante ans, qui ne fit ni morts, ni blessés graves – les soldats occidentaux en mission en RDA devaient redoubler de prudence:

«L'Armée rouge et la Stasi essayaient au contraire de limiter les mouvements des missions militaires américaine, française et britannique, toutes les trois basées à Potsdam. Plusieurs incidents mortels eurent lieu. Comme vers le 22 mars 1984, lorsqu'un camion de la NVA [abréviation de «Nationale Volksarmee», l'amée de la RDA) écrasa un véhicule de la mission militaire française. Le chauffeur, Philippe Mariotti, fut tué. Les deux soldats qui l'accompagnaient furent gravement blessés.»

Ce nouveau décès raviva les hostilités entre les États-Unis et l'URSS, quelques jours à peine après l'élection de Mikhaïl Gorbatchev au poste de secrétaire général du Comité central du Parti communiste de l'Union soviétique, qui avait laissé entrevoir l'espoir d'un dégel des relations diplomatiques entre les deux puissances. Die Welt qualifie cet épisode comme l'«une des dernières grandes crises» de la guerre froide.

Dès le lendemain, le corps d'Arthur D. Nicholson fut rendu aux Américains sur le fameux Glienicker Brücke, ce pont qui relie Potsdam et Berlin où eurent lieu les spectaculaires échanges d'agents secrets de l'Ouest et de l'Est en 1962, en 1985 et en 1986, comme le rappelle le site de la mairie de Berlin.

La dépouille de l'officier fut rapatriée aux États-Unis. On peut aujourd'hui lire sur la pierre tombale d'Arthur D. Nicholson, qui repose au cimetière d'Arlington, dans l'État de Virginie, l'inscription «KILLED IN EAST GERMANY». À Techentin, une plaque commémorative a été apposée sur un rocher placé à l'endroit où il a été abattu.

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