Monde

A l’intérieur de la prison la plus dure des Etats-Unis

Temps de lecture : 2 min

On y trouve les pires criminels du pays. Mais pas seulement.

Prison cell, photo Flickr CC par Aapo Haapanen
Prison cell, photo Flickr CC par Aapo Haapanen

Rodney Jones, ex-détenu, est libre depuis trois ans. Auparavant, il a passé les huit dernières années de sa peine à l’United States Penitentiary Administrative Maximum Facility (ADX) de Florence, dans le Colorado, une prison réputée pour la dureté des conditions de détention et pour le casier de ses «locataires».

Pouvant accueillir jusqu'à 500 détenus, ADX compte dans ses cellules Zacarias Moussaoui, l’un des conspirateurs des attentats du 11-Septembre, ou encore le poseur de bombe d’Oklahoma City Terry Nichols. Rodney Jones, qui témoigne dans le New York Times (article repéré par via Reader), raconte qu’il passait presque 23 heures par jour dans sa cellule, isolé, à faire de la musculation, et parfois à tenter de se couper les veines.

«Les prisonniers ont droit à un maximum de heures d’exercice par semaine hors de leur cellule, alternant entre l’accès à un gymnase (une cellule sans fenêtre avec une seule barre de traction) et des sorties en groupes dans la cour extérieure (mais chaque prisonnier reste confiné dans une cage individuelle)», raconte le journal. Un rapport d’Amnesty International affirme par ailleurs que les prisonniers d’ADX «passent régulièrement plusieurs journées sans qu’on leur parle véritablement».

Selon plusieurs médecins, les conditions de vie ont des conséquences néfastes et dangereuses sur la santé des détenus. Une étude de la psychiatre Doris Gundersen a montré que 70% des prisonniers étudiés seraient atteints d’une maladie mentale. Elle explique que certains d’entre eux ont tenté d’avaler des lames de rasoir, ou encore qu'un autre mangerait régulièrement ses excréments avec «voracité». Un détenu, après avoir tenté de se trancher la gorge, a été renvoyé dans sa cellule, avec un sceau, un balai, et l’ordre de nettoyer son sang. Un ancien gardien de la prison le reconnaît: «Tous les prisonniers d’ADX n’ont pas forcément besoin d’être dans un quartier ultra-sécurisé.» Il dira également que cette prison «n’est pas conçue pour l’humanité».

En mai 2014, le site 9news rapportait que le Bureau of Prisons venait de publier de nouvelles règles concernant ADX. Le but était de mieux encadrer et repérer les prisonniers souffrant d'une maladie mentale. Cette décision faisait suite à la plainte déposée en 2012 par l'avocat Ed Aro, qui expliquait à l'époque qu'il y avait là une violation fondamentale des droits des détenus:

«Le but de cette poursuite pénale est de forcer le Bureau of Prisons à se confronter au fait que la prison est pleine de personnes malades mentalement, qu'il faut traiter les personnes qui peuvent l'être là, et exclure de cette prison les gens qui ne sont pas mentalement capables d'être traités dans ce genre d'environnement.»

Slate.fr

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