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Des haricots résistant au réchauffement climatique sont testés en Colombie

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 26.03.2015 à 18 h 16

Repéré sur CIAT, CGIAR, Tiempo, TV Notas

Red Beans/ cookbookman17 via Flickr CCLicence By

Red Beans/ cookbookman17 via Flickr CCLicence By

Le changement climatique menace, entre autres, l’alimentation des humains. Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) a clairement identifié les risques de pénuries et d’insécurité alimentaire. Parmi les grandes cultures mondiales, les haricots sont très sensibles aux chaleurs excessives, et ne peuvent pas se développer quand la température nocturne dépasse les 18°C ou 19°C.

En Colombie, dans les labos du Centre international d’agriculture tropicale (CIAT), des chercheurs sont en train de tester des nouveaux haricots (pas les verts mais les noirs, rouges, blancs, pinto...), résistant à de fortes chaleurs, pour faire face aux conséquences négatives du changement climatique. Ces petites graines seraient même capables de supporter le pire scénario, dans lequel l’accumulation des gaz à effet de serre causerait une augmentation de la température moyenne de 4°C. 

Les nouveaux haricots, sélectionnés dans des «lignes d’élite», sont issus de croisements entre des haricots communs et un cousin peu connu appelé haricot «tepario» ou «tepary», cultivé depuis l’époque précolombienne au nord du Mexique et à au sud-ouest des Etats-Unis.

En Amérique latine, l’augmentation des températures pourrait avoir des effets particulièrement sévères sur la culture des haricots au Nicaragua, en Haïti, au Brésil et au Honduras. En Afrique, les haricots du Malawi et de la République démocratique du Congo, mais aussi de Tanzanie, d’Ouganda et du Kenya sont les plus vulnérables.

Comme l’explique le communiqué du CIAT, «en se basant sur une analyse utilisant 19 modèles climatiques mondiaux, les experts ont  conclu qu’avec les variétés actuelles, l’espace pouvant accueillir la production de haricots diminuerait de 50% d’ici 2050». Avec ces nouveaux haricots, la zone de culture mondiale possible ne diminuerait que de 5%.

Andy Jarvis, expert en changement climatique au CGIAR (un partenariat mondial de recherche agricole «pour un futur sans faim», dont fait partie le CIAT) et directeur du département des analyses des politiques du CIAT, précise:

«Dans certaines parties d’Afrique et d’Amérique Latine, les agriculteurs qui adoptent ces variétés qui résistent à la chaleur pourraient étendre leur production à des terres normalement considérées comme trop chaudes pour les semences de haricots.»

Ruben Echeverria, directeur général du CIAT, souligne que cette découverte «illustre bien pourquoi il est si important de sauvegarder et utiliser la diversité génétique des plantes. (…) Les graines de notre banque de germoplasme sont une source vitale pour aider les agriculteurs des pays en développement à supporter les impacts du changement climatique».

Les nouveaux haricots vont maintenant être testés plus largement au Costa Rica et au Mozambique. Les haricots noirs, rouges ou encore blancs, des légumineuses très énergétiques, sont la base de l'alimentation de plus de 400 millions de personnes dans des pays en développement, selon le CGIAR. 

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