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Verrouillage du cockpit: et si on était allé trop loin en matière de sécurité?

Temps de lecture : 2 min

Depuis les attentats du 11 septembre 2001, tous les avions de ligne sont équipés de portes hermétiques à verrouillage automatique qui ne peuvent être ouvertes de l'extérieur que grâce à un code électronique, explique l'hebdomadaire Der Spiegel.

A bord d'un Airbus A320, la porte du cockpit est équipée du Cockpit Door Lock System (CDLS): la porte est fermée par trois verrous et ses abords surveillés par trois caméras. Lorsqu'un des copilotes s'absente du poste de commandement, il doit taper un code secret (qui peut atteindre une longueur maximale de sept chiffres et caractères spéciaux selon les compagnies aériennes) qui déclenche un signal (une sonnerie de quelques secondes) à l'intérieur du cockpit indiquant au pilote qui est à l'intérieur qu'il doit déverrouiller la porte.

En cas d'urgence, par exemple si le pilote qui est aux commandes de l'appareil est endormi, évanoui ou mort, une autre procédure peut être déclenchée par le pilote qui se trouve à l'extérieur du cockpit ou par le personnel de cabine. Der Spiegel explique:

«La sonnerie sonne sans interruption –et la porte devrait pouvoir rapidement être ouverte sans efforts. Selon les compagnies aériennes, cette durée est fixée entre 15 et 120 secondes. Cependant il est possible de désactiver à dessein ce mécanisme depuis le cockpit. En fonction des réglages de la compagnie aérienne, il est ensuite impossible d'ouvrir la porte en tapant le code pendant une durée qui peut aller de 5 à 20 minutes. C'est seulement après que cette durée s'est écoulée que c'est à nouveau autorisé.»

Si un des copilotes se trouvant aux commandes d'un avion décide de se suicider et désactive délibérément cette fonction pour empêcher l'autre copilote de regagner le cockpit, il n'y a donc aucun moyen de reprendre les commandes de l'avion.

Dans un article publié en mai 2014, la revue aéronautique autrichienne Austrian Wings estimait que les règles de sécurité qui ont été adoptées après les attentats du 11-Septembre sont excessives, et mettent en danger les passagers:

«L'auteur de ces lignes […] vous invite à réfléchir à ce qui se passerait si le mécanisme de verrouillage d'une porte de cockpit venait à tomber en panne. […] Que se passe-t-il, si les deux pilotes quittent l'un après l'autre le cockpit (même si cela est contraire aux consignes, c'est déjà arrivé), que la porte claque à cause des turbulences ou par inattention et ne puisse plus être ouverte à cause du système de verrouillage défectueux, même pas avec le code d'urgence? On aurait alors un avion sans pilote et plus aucune possibilité d'atteindre le cockpit, puisqu'il n'est plus possible d'ouvrir les portes au moyen d'un marteau brise-vitre et à la force du poignet (comme autrefois en cas d'urgence).»

L'auteur concluait ainsi, espérant que sa mise en garde serait prise au sérieux en haut lieu:

«L'industrie ferait bien de réfléchir s'il n'est pas temps de méditer sur sa philosophie en matière de sécurité, qui dans une certaine mesure relève déjà de la paranoïa, et de se remettre à travailler en faisant appel au bon sens.»

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