Culture / Sciences

Etre sourd n'empêche pas d'aimer la musique

Temps de lecture : 2 min

Sound Waves: Loud Volume / Tess Watson via Flickr CC Licence By
Sound Waves: Loud Volume / Tess Watson via Flickr CC Licence By

Comment les personnes atteintes de surdité peuvent-elles apprécier la musique?

Devenu sourd à la suite d’une méningite dans les années 1980, Lee Walker explique au Guardian que son handicap ne signifie pas qu’il ne peut pas s’intéresser à la musique. Il raconte:

«Je n’ai jamais appris la langue des signes, mais je n’ai jamais laissé tomber la musique, j’achetais religieusement Smash Hits pour les paroles et je regardais Top of the Pops avec les sous-titres en télétexte

Lee Walker s’est adapté en suivant le rythme grâce aux vibrations de la musique et en mémorisant les paroles:

«Je pouvais suivre tout le morceau, en utilisant le langage du corps pour dénoter les changements de tons. Les notes aigues sont souvent accompagnées d’un mouvement de tête du chanteur vers le haut, les notes graves par un mouvement vers le bas.»

A la fin des années 1990, Lee Walker a décidé de se faire poser un implant cochléaire. Cet implant composé de 16 électrodes (au lieu de millions de terminaisons nerveuses) permet de percevoir les sons, mais pas avec la même clarté que l’oreille humaine. Il estime avoir réussi à «repousser les limites de ce qui était possible au niveau de la musique»:

«En fonction du genre et de la production du morceau, je peux avoir les basses, les rythmes et les voix, je peux déchiffrer les instruments.»

Selon lui, il y a très peu de musiques accessibles aux sourds ou aux malentendants à la télévision. Les sous-titres se font de moins en moins et pour les retransmissions en live, ils sont souvent désynchronisés ou incorrects. Pour plus d'efficacité, Lee Walker sous-titre lui-même les morceaux et, lorsqu’il n'y parvient pas, demande de l'aide à un proche.

Il a aussi découvert une association, Stagetext, qui tente de rendre le sous-titrage plus accessible au Royaume-Uni. Mardi 24 mars, pour la première fois, elle sous-titrait un concert en temps réel.

Mais la pratique, si elle est peu répandue, n'est pas nouvelle.

En 2011, nous vous rapportions que de plus en plus d'interprètes se formaient à l'adaptation en langue des signes des paroles de chansons pour intervenir pendant les concerts. C'est le cas de Holly Maniatti, qui traduit le rap en langue des signes. Killer Mike avait été impressionné par le travail de la jeune femme en 2013, alors qu'elle traduisait ses paroles en temps réel.

Voici d'ailleurs l'exemple d'un interprète bien entraîné, qui a littéralement volé la vedette au chanteur suédois Magnus Carlsson début mars:

Slate.fr

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