Science & santé

Ce que l'on regarde peut influencer nos choix

Repéré par Myriam Lebret, mis à jour le 23.03.2015 à 21 h 05

Repéré sur Arstechnica

Eyes (75/365) / John Liu via Flickr CC Licence By

Eyes (75/365) / John Liu via Flickr CC Licence By

Notre regard trahit nos choix. Comme l’explique Arstechnica, lorsqu’il faut choisir entre des chips et un bonbon, si nous regardons plus longtemps les chips, c'est que l'on va probablement les choisir.

Mais ce mécanisme marche aussi dans l’autre sens. Selon une étude publiée en février dans la revue PNAS, si l’on nous force à faire un choix alors que nous sommes en train de regarder l'une des options, on la choisira certainement, même si l’on a passé plus de temps à en fixer une autre. 

Pour voir si ce phénomène s'appliquait aux choix moraux, les auteurs de l'étude ont lu une série d’affirmations comme «le meurtre est parfois justifié» aux participants de l'étude. Ces derniers avaient ensuite sous les yeux un écran avec deux réponses sur lesquelles cliquer. 

Une première expérience a servi à démontrer que le regard des participants était bien un indicateur de leur choix. La plupart du temps, les participants choisissaient la réponse qu’ils avaient fixée des yeux le plus longtemps. 

Lors de la seconde expérience, les scientifiques ont cherché à influencer le choix des participants en les forçant à prendre une décision au moment où ils regardaient l'une des deux options. Les participants devaient fixer pendant au moins 750 millisecondes la réponse ciblée par les chercheurs et 250 millisecondes minimum l’autre avant de répondre. Une fois le temps écoulé, les chercheurs leur demandaient de se prononcer au moment où ils regardaient la réponse cible. 

La réponse cible a été choisie dans 58% des cas, même lorsque certains avaient passé plus de temps à regarder l’autre option. Les auteurs de l’étude en ont conclu que «les valeurs morales abstraites sont entrelacées avec des méchanismes sensori-moteurs».

Mais pour Jared Piazza, qui étudie la psychologie morale et n’a pas participé à cette étude, 58% reste assez peu. Il explique à Arstechnica que, si le nombre est trop important pour que ce soit un hasard, le résultat «suggère que la majorité des participants ont quand même sélectionné l’option qui correspondait à leur engagement moral»

Jared Piazza précise qu’il est très rare que des personnes, dans la vie de tous les jours, aient à choisir entre deux options visibles lorsqu’il s’agit d’une décision morale: 

«En général, les gens piochent dans la grande richesse de leur expérience passée, des jugements antérieurs et de leurs engagements moraux lorsqu’ils formulent une réponse.»

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