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Vu d'Allemagne, le succès du FN aux départementales menace toute l'Europe

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 23.03.2015 à 12 h 51

Repéré sur Süddeutsche Zeitung, Der Tagesspiegel, Huffington Post

Marine Le Pen, le 22 mars 2015 à Nanterre. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Marine Le Pen, le 22 mars 2015 à Nanterre. REUTERS/Gonzalo Fuentes

Même si le Front national n'est toujours pas «le premier parti de France», comme le promettait Marine Le Pen, son score élevé lors du premier tour des élections départementales inquiète la presse allemande, qui se tourne déjà vers l'horizon 2017: «Si la fausse Jeanne d'Arc devenait la présidente de la France, cela signerait la fin de l'Europe», affirme le quotidien bavarois Süddeutsche Zeitung:

«Elle ne cherche pas à trouver de réelles solutions. Il lui suffit de critiquer les partis au pouvoir depuis des décennies comme “le système” qui trahit le peuple. Le summum de toute cette conspiration, comme le fait croire au quotidien cette fausse Jeanne d'Arc, serait cependant le fait que la «classe politique» parisienne [en français dans l'article] ait livré sa nation jadis fière à un pouvoir étranger –à la domination de l'UE et de l'euro, au “monstre froid” de Bruxelles.»

Le quotidien, qui analyse la dialectique eurosceptique de Marine Le Pen, empruntée à l'extrême gauche, qui donne selon lui l'impression qu'elle «aurait fait son apprentissage chez Karl Marx et non pas chez son père Jean-Marie, un esprit frappeur maintes fois condamné pour avoir tenu des propos antisémites», estime que la présidente du FN se montre jusqu'à présent plus «prudente» que l'extrême gauche grecque en n'attaquant pas frontalement l'Allemagne:

«Elle sait en somme que ses concitoyens sont jaloux du “modèle allemand”. Mais cette envie qui couve, la présidente du FN en tire profit: l'UE et l'euro ne servent plus que les intérêts de Berlin. La politique de Merkel rendraient les Allemand détestables –et ferait courir le risque d'une “explosion de l'UE”.»

Si elle était élue présidente en 2017, Marine Le Pen précipiterait la France dans une «Francott», prédit la Süddeustche Zeitung: en abandonnant l'euro pour revenir au franc, elle plongerait son pays dans la faillite et provoquerait «la ruine de l'Europe sur un plan politique».

De son côté, le quotidien berlinois Der Tagesspiegel déplore la «dédiabolisation» du FN:

«Son plus grand allié est le sentiment répandu chez les Français que le Front national est un parti comme un autre.»

Et insiste sur le fait que l'UMP de Nicolas Sarkozy y a largement contribué «en posant des revendications qui pourraient venir du FN», telles que l'interdiction du voile à l'université ou l'abandon d'un menu sans viande de porc dans les cantines scolaires.

Dans un article mis en ligne peu avant le premier tour des élections départementales, la version allemande de The Huffington Post sacrait Marine Le Pen «la femme la plus venimeuse d'Europe», imaginant lui aussi les conséquences d'une victoire du FN à la présidentielle de 2017:

«Si l'[extrême] droite prend la tête du pays, cela pourrait avoir des conséquences dramatiques. Pour toute l'Europe. Un des piliers de la communauté européenne pourrait s'écrouler. Et une droite forte en France pourrait aussi donner des ailes à l'[extrême] droite dans les autres pays.»

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