Égalités / Culture

Les humoristes américaines mènent la bataille du féminisme

Temps de lecture : 2 min

La nouvelle génération de comiques s’impose comme un nouveau rempart contre la misogynie.

Amy Schumer, lors de la cérémonie Women of the Year du magazine Glamour, en novembre dernier. REUTERS/Lucas Jackson
Amy Schumer, lors de la cérémonie Women of the Year du magazine Glamour, en novembre dernier. REUTERS/Lucas Jackson

Lors d’une récente soirée caritative organisée par la chaîne Comedy Central, la comédienne Amy Schumer (que l’on pourra voir dans le prochain film de Judd Apatow) a proposé un sketch remarqué sur scène.

Après une blague sur Bill Cosby, accusé de viol par plusieurs femmes, elle évoque son expérience perturbante à Hollywood.

«Je viens de découvrir que je suis trop dégoûtante pour Los Angeles. Là-bas mes bras sont considérés comme des jambes.»

Elle parle ensuite d’un film qu’elle a écrit, pensant que les producteurs allaient embaucher une superbe femme «comme Kate Upton, ou Middleton, une Kate quoi». Elle s’en prend alors au formatage esthétique que l’on impose aux femmes dans le cinéma, forcément fines et ne mangeant qu’une fois par jour.

L’année dernière, lors d’un gala organisé par la Ms Foundation for Women, elle avait déclaré qu’elle parle avant tout pour elle-même:

«Je décide de dire que je suis belle. Je décide de dire que je suis forte. Vous n’allez pas décider de mon histoire. Je vais parler, partager, baiser et aimer, sans jamais m’excuser à ces millions de personnes effrayées et qui n’osent pas faire pareil.»

En plaçant sa voix à égalité avec celle des hommes, Amy Schumer remporte déjà une petite victoire, et encourage d'autres femmes à le faire.

Mais sur la scène comique américaine actuelle, Amy Schumer n’est évidemment pas la seule à prendre position et à s’affirmer en tant que féministe. On peut citer le sketch de Sarah Silverman où elle critique les lois anti-avortement souvent impulsées par des groupes religieux conservateur. Nous vous avions déjà parlé de la vidéo «harcèlement de rue» réalisée par Jessica Williams dans le cadre du Daily Show. Prenant le parti de l’humour, le message est pourtant clair: le harcèlement de rue est quotidien, et complique la vie de milliers de New-Yorkaises.

Si par le passé plusieurs femmes ont tenté de s'affirmer dans ce milieu masculin, le déclic s’est probablement fait autour de deux comédiennes, Tina Fey et Amy Poehler, comme l’explique le site Mic.

Lors de leur passage dans la mythique émission Saturday Night Live, elles ont régulièrement étrillé la misogynie que subissent les femmes, mais toujours avec humour. Et pendant les derniers Golden Globes, elles en ont profité pour égratigner George Clooney et mettre en valeur celle qui mériterait les honneurs, son épouse Amal Alamuddin, avocate spécialisée dans les droits humains.

«Ces comédiennes utilisent la satire pour trancher jusqu’à l’os, note la journaliste de Mic, et les misogynes sont trop occupés à rire pour réaliser qu’ils sont saignés à blanc.»

Le site note également que cela pose un problème: le combat féministe n'aurait sa place qu'à travers l'humour.

«Si beaucoup de gens sont favorables aux blagues de Silverman à propos de l’écart de salaire entre les hommes et les femmes, ils ne sont pas prêts à régler les problèmes d’inégalités qui en sont la cause. Et ils n’apprécient certainement pas qu’une femme “en colère” essaye de s’en emparer via des moyens plus substantiels tels que la politique ou l’activisme.»

Slate.fr

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