France

Vous l'avez peut-être raté, mais trois ministres du gouvernement Valls étaient candidats

Vincent Manilève, mis à jour le 22.03.2015 à 21 h 13

Avec l’impopularité actuelle de l'exécutif, les rendez-vous électoraux avaient de quoi faire peur aux ministres. Trois d’entre eux, Patrick Kanner, Ségolène Neuville et André Vallini, étaient candidats et sont sortis en tête au premier tour.

André Vallini, secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale, le 5 janvier 2015 à Paris. REUTERS/Stéphane Mahé.

André Vallini, secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale, le 5 janvier 2015 à Paris. REUTERS/Stéphane Mahé.

Dimanche 22 mars au soir, trois des 18.194 candidats aux élections départementales jouaient plus gros que les autres. Patrick Kanner, Ségolène Neuville et André Vallini, ministres peu connus du grand public mais implantés localement, ont réussi à sortir en tête du premier tour des départementales.

Patrick Kanner, le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, a recueilli 37,6 % des voix dans son canton lillois, devant l'UMP avec 23,4%. Le FN (19,78 %) est éliminé. Lors de son entrée au gouvernement en avril dernier, cet ancien adjoint au maire de Lille avait dû renoncer à son poste de président du conseil général du Nord. En se représentant dans son canton du sud de Lille, où il est élu depuis 1998, Patrick Kenner était conscient des risques. «J'ai une plus grande pression médiatique, reconnaissait-il dans une interview à France TV Info. J'aurais pu rester tranquillement au ministère. Là, je sais que je prends des risques. Ils sont mesurés, mais ils sont assumés.» Le voilà donc en partie rassuré.

Ségolène Neuville, la secrétaire d'Etat aux Personnes handicapées et à la lutte contre l'Exclusion, est aussi arrivée largement en tête dans son canton des Pyrénées-Orientales. Avec son binôme Alexandre Reynal, elle a remporté 38,47 % des voix, presque 15 points de plus que ses adversaires de l’UMP. Membre du conseil départemental, elle aussi avait décidé de se représenter dans le canton de Canigou. Mais contrairement au Nord où Patrick Kanner jouait gros, Ségolène Neuville était donnée favorite. Dans les colonnes du JDD, elle s’était montré confiante en affirmant qu'elle ne pensait pas subir les conséquences de l’impopularité du gouvernement: «On est loin de Paris et les gens sont fiers d’avoir quelqu’un au gouvernement.»

Conseiller départemental dans l’Isère depuis 23 ans, André Vallini s’en sort également bien dans le canton de Tullins avec 40,87 % des voix dès le premier tour. Le secrétaire d’Etat à la Réforme territoriale avait bénéficié de l’appui de François Hollande, venu visiter deux entreprises du département à la mi-mars. Le secrétaire d’Etat, qui avait repris le département en 2001 après 19 ans de domination de la droite, est donc très bien placé pour garder son siège, avec un second tour face au aux candidats du Front national (24,65%).

Le Premier ministre n’a pas officiellement déclaré que ces candidats, en cas de défaite, devraient renoncer à leur portefeuille ministériel. Marisol Touraine et Najat Vallaud-Belkacem, deux autres ministres du gouvernement, avaient elles préféré renoncer à leur mandat de conseiller départemental. 

Vincent Manilève
Vincent Manilève (353 articles)
Journaliste
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