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Comme les humains, les singes connaissent des épisodes de dépression

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 22.03.2015 à 10 h 57

Repéré sur Scientific Reports, Discover, Sciences et Avenir

Des photos des sujets observés lors de l'étude dirigée par Fan Xu.

Des photos des sujets observés lors de l'étude dirigée par Fan Xu.

Et si les singes connaissaient des épisodes de dépression semblables à ceux que l'on constate chez les humains? C'est cette hypothèse qu'a tentée de vérifier une équipe de chercheurs chinois et américains en analysant le comportement de singes en captivité à Suzhou, en Chine. En observant plus de 1.000 singes adultes, ils en ont identifié une cinquantaine présentant des signes de dépression, associés à de «sérieuses perturbations métaboliques», expliquent-ils dans une étude publiée par la revue Scientific Reports:

«posture corporelle affalée ou effondrée, intérêt pour la nourriture et le sexe atténué, communication et interactions avec les autres diminuées»

L'étude se livre à une description quasiment houellebecquienne de la société simiesque:

«D'une façon similaire à de nombreuses sociétés humaines modernes, des ressources limitées qui forment la base d'une compétition sociale engendrant de la pression (par exemple la nourriture ou le sexe) sont distribuées de manière inégale entre différentes classes sociales.»

Le site Discover, qui relaie l'étude, note que la description du comportement de certains macaques est «plutôt poignante» mais s'interroge cependant sur sa conclusion:

«L'analogie entre nos sociétés modernes et un enclos à animaux paraît à première vue valide. Mais qui sommes-nous pour dire que ces singes souffrent de "dépression" (pathologique) par opposition avec de la "tristesse" (réponse émotionnelle normale)? Il est connu que la frontière entre les deux est difficile à tracer chez les humains, que dire des singes! Ces animaux paraissent certainement malheureux, mais peut-être sont-ils juste un modèle du malheur humain, pas d'une affection mentale.»

En 2012, une autre équipe de chercheurs avait publié une étude faisant état d'épisodes dépressifs chez des chimpanzés et des orang-outans, «avec un point bas à l’âge moyen de 28,3 ans pour le premier échantillon, 27,2 ans pour le deuxième et 35,4 ans pour le troisième», expliquait alors Sciences et Avenir, ce qui, étant donné l'espérance de vie d'un singe en captivité, correspond en gros à la «crise de la quarantaine» chez l'humain. Ce travail avait à l'époque été critiqué car il n'était fondé «que sur des observations et des évaluations finalement assez subjectives» et que ses résultats n'étaient pas «consolidés par des examens sur les hormones qui identifierait un stress des animaux».

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