HistoireAllemagne

20 mars 1945: Hitler ordonne la destruction de l'Allemagne

Repéré par Annabelle Georgen, mis à jour le 20.03.2015 à 17 h 35

Repéré sur Die Welt, Junge Welt

Adolf Hitler via Wikipedia

Adolf Hitler via Wikipedia

Soit c'était la domination du monde, soit la fin du monde. Pour Hitler, il n'y avait pas d'autre scénario possible pour l'Allemagne.

Au printemps 1945, sentant la défaite approcher, le dictateur nazi ne s'est donc pas contenté de planifier son suicide, mais a pris soin d'ordonner avec minutie la destruction de son pays, arguant que les troupes alliées, après avoir envahi l'Allemagne, ne laisseraient derrière elles qu'une «terre brûlée», rappelle le quotidien Die Welt.

Dans une directive datée du 20 mars 1945, adressée à tous les commandants de la Wehrmacht et à la haute administration du NSDAP, Hitler écrit:

«Toutes les infrastructures de l'armée, de transport, d'information, de l'industrie et de ravitaillement tout comme les biens matériels se trouvant à l'intérieur du territoire du Reich, que l'ennemi pourrait utiliser de quelque manière que ce soit pour mener son combat immédiatement ou dans un futur proche, doivent être détruites.»

En remettant cette note –qui sera surnommée plus tard l'«ordre Néron», en référence à la légende qui veut que l'empereur romain ait ordonné l'incendie qui dévora les deux tiers de Rome en l'an 64– au ministre de l'Armement Albert Speer, le dictateur nazi lui aurait lancé:

«Si la guerre est perdue, le peuple aussi sera perdu.»

Dans les semaines qui précédèrent la rédaction de cette directive, Hitler avait déjà donné de nombreux ordres de destruction à la Wehrmacht et à l'administration du NSDAP, rappelle Die Welt:

«La plupart de ces ordres avaient été exécutés. C'est pour cela qu'à part le pont de Remagen, qui avait été conquis par l'armée américaine, il n'y avait dans la deuxième semaine de mars 1945 plus un seul pont sur le Rhin qui soit utilisable sur le sol allemand. D'autres voies de transports avaient également été détruites à l'explosif.»

Dans ses mémoires, Albert Speer fait part de son désaccord avec le projet d'Hitler, qualifiant l'ordre Néron d'«arrêt de mort pour le peuple allemand», craignant que ces destructions volontaires ne ramènent l'Allemagne «au Moyen-Age». Désaccord partagé par les grands industriels de l'époque, souligne le quotidien d'extrême gauche Junge Welt, qui consacre aussi un article à l'ordre Néron. Albert Speer a donc entrepris de convaincre Hitler, déjà reclus dans son bunker, de ne pas mettre ses plans à exécution:

«Le 30 mars, Hitler a dû accepter à contrecoeur et déjà presque anesthésié par les événements, de "paralyser" l'industrie au lieu de recourir comme prévu au départ à la tactique de la "terre brûlée".»

Si le projet d'Hitler d'orchester la destruction de son propre pays n'a finalement pas abouti, cela n'a pas empêché la destruction de nombreux ponts et autres infrastructures de transport dans les semaines qui suivirent.

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