Monde

Ce que c’est d’être noir dans une université américaine

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 20.03.2015 à 11 h 49

Repéré sur Buzzfeed, Vox.com

La vidéo d’une fraternité de l’Oklahoma a relancé le débat autour du racisme ambiant dans la société et les universités.

La fraternité SAE, de l'université d'Oklahoma aux Etats-unis, est au cœur d'un scandale raciste. REUTERS/Stringer

La fraternité SAE, de l'université d'Oklahoma aux Etats-unis, est au cœur d'un scandale raciste. REUTERS/Stringer

Dans une courte vidéo publiée début mars, on peut voir les membres d’une fraternité de l’université d’Oklahoma, Sigma Alpha Epsilon (SAE), reprendre en cœur un chant raciste.

 

«Il n’y aura jamais de nègre à SAE, vous pouvez le pendre à un arbre, mais il ne signera jamais avec moi, il n’y aura jamais de nègres à SAE», chantent-ils avec enthousiasme.

Peu après la mise en ligne de la vidéo, les réactions ne se sont pas fait attendre dans les médias et sur Internet. Les deux élèves identifiables sur la vidéo ont été expulsés et le président de l’université David Boren a fermement condamné ces propos.

Mais les comportements racistes d’étudiants à l’égard des noirs aux Etats-Unis sont évidemment récurrents, et ce genre de vidéo est une nouvelle piqûre de rappel.

Tracy Clayton, une journaliste de Buzzfeed, a décidé de raconter les quatre années difficiles qu’elle a passées à la Transylvania University dans le Kentucky au début des années 2000.

«Le jour de mon emménagement, mon cœur de révoltée a failli cesser de battre quand ma mère et moi nous sommes garées dans le parking et avons aperçu un drapeau confédéré accroché à chaque fenêtre des chambres du dortoir des garçons.»

Dans cette université où on comptait à peine 20 noirs sur 1.100 étudiants en 2000, les bâtiments portaient le nom d’anciens propriétaires d’esclaves ou de généraux confédérés, et la fraternité Kappa Alpha Order (KA) était connue pour son admiration à l'égard de l’époque des Confédérés.

«Ayant grandi dans les quartiers, vous pourriez penser que vivre là où les blancs vivent signifie des rues plus sûres et des portes qui ne sont pas fermées à clef, explique Tracy Clayton. Mais je n’ai jamais eu aussi peur pour ma sécurité que lors de mon passage à la Transylvania university.» 

Elle raconte alors être allée, avec deux autres amies noires, à une des soirée des KA où un blanc se baladait avec le drapeau confédéré, et évoque les tags sur les portes de chambres d'étudiants noirs, les chansons racistes, etc. Depuis son passage dans cette université, les mentions à l’époque des Confédérés semblent avoir été effacées.

Mais selon Vox.com, tous ces événements symptomatiques du racisme ambiant à l’égard des noirs dans les universités cache quelque chose d’encore plus tragique: l’incapacité des blancs à comprendre ce qu’est le vrai racisme, celui que subissent des millions de noirs au quotidien.

Le site rapporte ainsi les propos de Chris Hayes, journaliste sur MSNBC:

«Il se passe quelque chose dans ces moments de condamnation unanimes et quand on blâme en disant “C’est raciste, ce mot en N, ce qui s’est passé dans ce bus.” Il faut arrêter de faire ça, car cela permet aux gens de fermer les yeux sur ce qui se passe aussi en dehors du bus.»

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