Boire & manger

9 bonnes raisons de se pointer au salon de la bière quand on aime le whisky

Christine Lambert, mis à jour le 26.04.2015 à 14 h 24

Planète Bière, le premier salon de dégustation consacré à la fine mousse, ouvre ses portes le 29 mars à Paris. Et c’est une excellente nouvelle pour les amateurs de whisky épicurieux.

Planète Bière DR

Planète Bière DR

Invraisemblable! Figurez-vous qu’il n’existait pas en France de Salon d’envergure nationale dédié à la bière, en dépit d’une très ancienne tradition brassicole et malgré l’effervescence qui agite la mousse ces dernières années. Franck Poncelet, l’éditeur de Barmag, et Philippe Jugé, l’ancien boss de Whisky Magazine qui nous a pondu l’indispensable Whisky pour les Nuls[1] font donc monter la pression en lançant Planète Bière, qui réunit 75 brasseries et plus de 400 bières dans un lieu magique, le Tapis Rouge, l’ancien grand magasin Au Bonheur des dames cher à Emile Zola.

Tapis rouge pour la bibine, et ce n’est que mérité, tant ce convivial breuvage s’est réinventé récemment. On ne vient pas à Planète Bière pour se rincer la glotte à grandes rasades de pintes en plastique. Non. De jolis verres à bière, des rince-verre et des doses de 12cl vont vous transporter dans une expérience gustative que ne renieront pas les amateurs de whisky. Mais, amis maniaques du malt, s’il vous fallait d’autres raisons de venir, les voici.

Au salon de la bière, DR

1.Parce que le whisky est une eau-de-vie de bière

Pour arriver au whisky, il faut passer par la bière –et pas seulement au comptoir du pub, encore que, là, on ne vous en voudra pas si vous avancez vos pions dans le désordre. Ou plus exactement par la cervoise (à base d’orge le plus souvent mais sans houblon), qu’on distille et qu’on enfûte pour au moins trois ans, le temps de biberonner les anges dans les chais. Certains producteurs de whisky, notamment en France ou aux Etats-Unis, s’approvisionnent d’ailleurs en «bière» prête à distiller chez des brasseurs –en Ecosse, la pratique est interdite.

2.Parce qu’on y rencontrera moult producteurs de… whisky

Vu le nombre de brasseurs artisanaux à s’être récemment lancés dans le whisky, Planète Bière côté off aura des airs de Festival de la micro-distillerie. Avec, pour une fois, un joli coup de projecteur sur les Français –nous aurons l’occasion de revenir sur le sujet sous peu[2]

Arrêtez-vous aux stands de Michard, qui à Limoges élabore bière et whisky, de Rouget de Lisle et Licorne, qui font de même dans le Jura et en Alsace, de Ninkasi, qui commencera à distiller cette année près de Lyon. Passez dire bonjour à Philippe Laclie, qui brasse La Bercloise à Bercloux, près de Cognac, et dont l’alambic Stupfler vient de crachoter les premiers distillats: on peut participer à l’aventure sur la plateforme de crowdfunding Miimosa

Goûtez une fine mousse O’Hara’s: ces Irlandais ont inauguré l’une des nouvelles distilleries de whiskey sur l’île verte, à Carlow (mais elle devrait déménager à Dublin). Et songez, en passant chez Asahi et Kirin, que ces géants japonais de la bière fabriquent respectivement les whiskies Nikka et Fuji-Gotemba.

3.Parce que la France est le premier exportateur de malt au monde

Premier producteur mondial d’orge brassicole (3,6 millions de tonnes en 2013), la France est également le premier exportateur de malt, fournissant aussi bien les brasseurs que les distilleries (dont bon nombre d’écossaises). Moyennant quoi, nous nous classons dans le Top 3 des consommateurs de whisky (n°1 à l’épreuve non olympique de la descente de scotch)… mais seulement 28e pour la bière. Et, entre nous, ça ne peut plus durer.



4.Parce que la bière aime les fûts de whisky

Passer sa bière en ex-fûts de whisky pour y imprimer une fine couche d’arômes supplémentaire devient très tendance. Les Ecossais Innis & Gunn (fûts de scotch des Highlands) et BrewDog (fûts de Caol Ila), le Hollandais De Molen (fûts d’Ardbeg, de Highland Park ou de Four Roses), l’Américain Brooklyn (sa K is For Kriek vieillie en fûts de bourbon est à tomber) pour ne citer que ceux que vous verrez à Planète Bière produisent des merveilles en jouant sur les maturations. A l’inverse, les distilleries apprécient de récupérer ensuite les fûts de bière pour y loger leurs whiskies!

Verre du salon Planète Bière

5.Parce que bière et whisky forment un joli couple en dégustation

En Ecosse, on alterne volontiers un verre de whisky et un autre de bière, en «half and half». Parce que le mariage gustatif est plutôt heureux. Et parce qu’en rinçant le whisky (qui déshydrate) à la bière (qui désaltère), la soirée se prolonge agréablement tant qu’on répète l’opération.

6.Parce que la folie du craft qui secoue le whisky vient de la bière

La vague des brasseries artisanales qui redéfinit à l’heure actuelle la carte du whisky a démarré avec la brasserie, aux USA, dans les seventies, avant d’exploser au milieu des années 80 et d’essaimer à travers la planète. Outre-Atlantique, quelque 3.000 craft breweries s’éparpillent aujourd’hui, plus de 650 en France, plus de 200 au Japon. En Italie, au Royaume Uni, en Allemagne, aux Pays-Bas… Ça mousse de partout. Du coup, on pourra s’engueuler sur la nature et la définition du craft en buvant du whisky OU de la bière. Oui, vous avez raison: pourquoi choisir?

7.Parce que la bière a ses bruts de fût

Les dingues d'Aberdeen qui fabriquent BrewDog, à l’origine de la déferlante du craft en Europe, ont également lancé la mode des bières nucléaires en 2009 avec la Tactical Nuclear Penguin à 32%, un haut degré obtenu sans distillation, bien sûr, par extraction de l’alcool à froid. Suivront Sink the Bismarck (41%) et The End of History (55%), tandis que les Allemands de Schorschbräu répliquaient avec une mousse imprononçable avant même d’y tremper les lèvres (la Schorschbock à 57,7%).  D’autres Ecossais, d’Aberdeen encore, mettaient tout le monde d’accord avec l’Armaggedon (65%) puis la Snake Venom (67,5%). Du coup, BrewDog change de nouveau les règles du jeu en présentant… la bière la moins alcoolisée au monde, la Nany State: 0,5% d’alcool. Allez la goûter sur le salon.

8.Parce que la meilleure bière et le meilleur whisky sont...

Vous avez aimé jouer à ce jeu idiot qui fait vendre de la copie: «Le-meilleur-whisky-au-monde-est-japonais. Non, écossais! Non, japonais! Non, écoss… La ferme!»? Alors vous adorerez vous pelleter avec vos amis pour savoir si la bière écossaise l’emporte sur la nippone. Et vice versa. Planète Bière vous file un coup de main en invitant Coedo et Hitachino Nest (micro-distilleries japonaises) et Innis & Gunn et BrewDog (Ecosse). Alors?

9.Parce que la France regorge de «city breweries»

Les «city distilleries» de whisky, qui prolifèrent dans les villes et nous font rêver à l’étranger, n’ont pas droit de cité en France, en raison d’une législation très stricte que seule la Distillerie de Paris a fait plier ces dernières années. En revanche, les brasseries citadines pullulent sur nos pavés, de Paris à Marseille, de Lyon à Nantes en passant par Strasbourg. Un bon nombre ont fait le déplacement au Tapis rouge: sous vos applaudissements.

1 — Si vous apportez votre exemplaire, Philippe vous gribouillera une de ses dédicaces longues comme le bras, vous aurez l’impression de repartir avec une édition augmentée. Retourner à l'article

2 — M. El Gato, message reçu. J’attends que les rougissements qui me sont montés aux joues grâce à vous redescendent pour attaquer le sujet. Retourner à l'article

 

Planète Bière

Dimanche 29 mars de 12h à 19h (public) et lundi 30 mars de 11h à 18h (professionnels). Au Tapis rouge, 67, rue du Faubourg-Saint-Martin, 75010 Paris. 25 € l’entrée (40 € pour deux), 18 € à partir de 16h.

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Article actualisé le 26 avril à 14h30: contrairement à ce que nous indiquions dans une première version, BrewDog est à Aberdeen, pas à Glasgow.

Christine Lambert
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Journaliste
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