Culture

Les différences de conversation entre les Français, les Britanniques et les Américains

Repéré par Myriam Lebret, mis à jour le 18.03.2015 à 14 h 47

Repéré sur The New York Times

Talk / Lovelorn poets via Flickr CC Licence By

Talk / Lovelorn poets via Flickr CC Licence By

Pamela Druckerman, une journaliste américaine mariée à un Britannique et résidant en France, a raconté dans un article pour le New York Times avoir passé la majeure partie de sa vie d'adulte à décoder les règles de conversation des trois pays.

Elle explique avoir eu une révélation lorsqu’un sociologue français lui a suggéré de regarder Ridicule, film de Patrice Leconte sur le Versailes de Louis XVI sorti en 1996. A la cour du roi, on gagnait en statut en montrant qu’on avait de l’esprit. Le sarcasme ouvrait des portes et il fallait se montrer moins bête que ses rivaux. 


Selon la journaliste, les Français des classes moyennes apprennent à leurs enfants à être concis et amusants pour que tout le monde continue à les écouter. Elle explique:

«Beaucoup de conversations d’aujourd’hui sont plus compréhensible une fois qu’on réalise que tout le monde autour de nous est en compétition pour ne pas avoir l’air ridicule.»

Jean-Benoît Nadeau, un journaliste canadien qui a écrit sur le sujet, a expliqué à Pamela que la tendance à dire «non» ou «ce n’est pas possible» est souvent une protection contre l’humiliation potentielle de ne pas savoir quelque chose. Selon lui, c’est seulement lorsqu’il fait confiance à l’autre qu’un Français révèle ses faiblesses.

La journaliste raconte que même entre amis, être ennuyeux est presque criminel. Une chef d'entreprise française lui a expliqué que pendant un dîner, «il faut être un peu méchant, mais un peu vulnérable aussi».

Dans les conversations britanniques, en revanche, on cherche à montrer qu’on ne se prend pas au sérieux. Il y a donc beaucoup d’auto-dévalorisation et d'ironie:

«J’ai assisté à des déjeuners de deux heures à Londres en attendant que les gens arrêtent d’échanger des railleries pour que la vraie conversation puisse commencer. Mais "la vraie conversation n’est pas censée avoir lieu", m’a dit mon mari».

Kate Fox, dans son livre Watching the English, écrit que dans le bon contexte, «tu n'es pas mon genre» peut être l'équivalent d'une demande en mariage. 

Pamela Druckerman ajoute qu'aux Etats-Unis, entre amis, elle doit seulement «rassurer les gens et leur servir de miroir». Elle précise que les Américains ont une tendance au monologue. Dans une étude de 2014 de l’université de Yeshiva, les chercheurs ont découvert que lorsqu’ils croisaient deux conversations sans rapport, 42% des participants ne le remarquaient pas. 

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