Monde

Une nouvelle fois, les sondeurs se sont trompés en Israël

Repéré par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 18.03.2015 à 19 h 18

Repéré sur Haaretz

Au siège du Likoud, le 18 mars 2015. REUTERS/Amir Cohen.

Au siège du Likoud, le 18 mars 2015. REUTERS/Amir Cohen.

Contrairement à ce qui était annoncé par les sondages, le Premier ministre sortant Benjamin Netanyahou ne s’est pas incliné lors des élections législatives du mardi 17 mars. D’après des résultats quasi-définitif, son parti, le Likoud, arrive en tête avec 23,3% des voix et 29 sièges sur 120 dans la nouvelle Knesset, contre 18,7% et 24 sièges pour l’Union sioniste de son rival Isaac Herzog, allié à Tzipi Livni.

Pourtant, les sondages publiés la semaine dernière donnaient trois à quatre sièges d'avance à l'Union sioniste. Juste après la fermeture des bureaux de vote, les premiers sondages sortis des urnes donnaient encore les deux partis au coude-à-coude à 27 sièges, ce qui avait poussé le leader de l’alliance de centre-gauche à affirmer encore après minuit heure locale que la victoire était à portée de main.

Ce n’est pas une première: en 1996, le leader travailliste Shimon Peres avait été donné gagnant des élections le soir-même, mais c'est Benjamin Netanyahou, déjà, qui l'avait emporté le lendemain matin.

En 2013, les sondages n’avaient pas prédit la percée du parti centriste Yesh Atid, qui avait fini à 19 sièges alors qu’il était au mieux donné à 13 sièges avant le scrutin. En 2009, c’est le parti Kadima de Tzipi Livni qui avait vu son score largement sous-estimé par les sondages.

Comme l’explique Vox, «les sondages israéliens sont souvent faux pour toute une série de raisons». Des raisons que listait le journal Haaretz dans un très intéressant article publié avant le scrutin de 2013, et que recense aussi ce mercredi l'agence Reuters. En voici quelques-unes:

• le manque de modèles comparatifs pour les sondeurs en raison des changements d’alliances. Cette année, les travaillistes et le parti Hatnuah de Tzipi Livni étaient ainsi alliés alors qu'ils avaient concouru séparément en 2013, de même que les partis arabes.

• la mobilisation de dernière minute. «Les élus israéliens aiment à dire qu'une organisation puissante et une bonne logistique le jour de l'élection peuvent valoir à un parti un siège supplémentaire à la Knesset», écrivait Haaretz. Benjamin Netanyahou a d'ailleurs fait campagne jusqu'à la dernière minute.

• la méfiance des électeurs israéliens envers les sondages d’opinion, qui peut les conduire à dissimuler leurs votes –méfiance qui serait attribuable en partie au fait qu'une partie de la population israélienne a des racines dans des pays qui ont subi des régimes totalitaires, en Europe de l'est notamment.

• la réticence des électeurs du Likoud à répondre aux sondages sortie des urnes, et le fait que ces sondages s'interrompent deux heures avant la clôture du scrutin.

• le passage des sondages téléphoniques aux sondages par internet, qui surreprésenteraient certaines catégories de la population israélienne.

Reste une double interrogation, que posent Slate.com et Reuters: les sondages ont-ils eu faux tout du long de la campagne, ou est-ce seulement la campagne effrénée de Netanyahou dans les dernières heures qui leur a donné tort? Et, comme l'affirme l'un d'entre eux, Avi Degani, le fait qu'ils aient prédit dans les derniers jours une victoire de l'opposition a-t-il fait rebasculer vers le sortant une partie des électeurs indécis?

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