Monde

Disparitions de dirigeants: Poutine a encore de la marge

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 16.03.2015 à 17 h 29

Repéré sur Vox.com, The Huffington Post

Le président russe est loin d’être le seul politique à avoir disparu pendant une longue période. Petit palmarès.

Vladimir Poutine, à Moscou le 30 juillet 2014. REUTERS/Alexei Nikolskyi/RIA Novosti/Kremlin

Vladimir Poutine, à Moscou le 30 juillet 2014. REUTERS/Alexei Nikolskyi/RIA Novosti/Kremlin

Le soulagement a dû être intense parmi les supporters du président russe. Après dix jours sans apparition publique, Vladimir Poutine a fait son retour devant les caméras lors d’une visite du président kirghiz Almazbek Atambaïev, lundi 16 mars.

La dernière fois qu’on l'avait aperçu, c’était le 5 mars pour une conférence de presse avec le Premier ministre italien Matteo Renzi. Depuis, plus rien. Il n’en fallait pas plus pour que l’opinion publique s’emballe: maladie, accouchement de sa maîtresse en Suisse, coup d’État, problèmes de dos ou tout simplement décès… Les rumeurs se sont multipliées, agaçant jusqu’au plus haut de l’Etat: «Il va bien, on l'a répété cent fois. Ce n'est plus drôle maintenant», a répété un porte-parole du Kremlin.

Les disparitions de chefs d’Etat ne sont pas rares. Régulièrement, des dirigeants disparaissent des radars pour plusieurs jours, voire plusieurs mois. Voici un petit classement antéchronologique des disparitions présidentielles, qui permet de voir que Vladimir Poutine a encore du travail.

Kim Jong-un: 3 septembre-14 octobre 2014

Le 3 septembre 2014, le dictateur nord-coréen fait une apparition publique lors d’un concert en compagnie de sa femme. L’agence officielle du pays, KCNA, ne va ensuite plus donner de signe de vie du «Cher Leader» pendant près de six semaines. Beaucoup évoquent alors des problèmes de santé. Lors de sa réapparition, le 14 octobre 2014, l’agence gouvernementale ne donne aucune explication sur son absence: simplement des images le montrant claudiquant lors d’une visite de «l'extérieur des bâtiments résidentiels et publics, décorés avec des tuiles de diverses couleurs.»


Robert Mugabe: décembre 2013-janvier 2014

Robert Mugabe, aujourd’hui âgé de 90 ans, dirige le Zimbabwe d’une main de fer depuis 1987. Celui qui, pour ses 89 ans, s’était offert un anniversaire à 600.000 dollars dans un pays mourant de la famine, n’a pas donné de nouvelles  pendant près de trois semaines début 2014. Malgré de nombreux voyages à Singapour pour être soigné, le président a alors continué de nier tout signe de vieillesse. Habitué aux rumeurs sur son état de santé, Robert Mugabe s’est déjà vanté d’avoir ressuscité «plus souvent que Jésus Christ».

Abdelaziz Bouteflika: avril 2014-octobre 2014

Le président algérien est un habitué des absences médiatiques en raison de son état de santé, très dégradé depuis son AVC en avril 2013. Entre son élection mi-avril 2014 et octobre 2014, Abdelaziz Bouteflika n'a fait que de brèves apparition télévisées, souvent sans prendre la parole directement. Le 8 octobre dernier, il a reçu publiquement l'ex-diplomate international algérien Lakhdar Brahimi, qui s'est réjoui de «l'amélioration» de l'état de santé du président. Quelques semaines plus tard, il était hospitalisé en France sans qu'aucune raison n'ait été donné à la presse.

Fidel Castro: avril 2013-janvier 2014

Désormais âgé de 88 ans, Fidel Castro est lui aussi un habitué de ce genre de disparition subite et inexpliquée. Certes, depuis 2006, il a cédé les rênes de Cuba à son frère Raul, mais son état de santé reste une question majeure dans les médias locaux, de même que ses fréquentes absences de la scène publique.

Ainsi, le 8 janvier 2014, il met fin à neuf mois d'absence en se présentant à l’inauguration d’une galerie de peinture. En février dernier, il a à nouveau rompu un jeûne médiatique de six mois en s'affichant, via le site Granma, sur plusieurs photos le montrant en train de lire le journal ou de regarder la télé. Granma avait alors intitulé son article «Fidel est un être exceptionnel».

Bachar al-Assad: 18 juillet-19 août 2012

En juillet 2012, après plus de 17 mois de conflit, le président syrien Bachar al-Assad disparaît aussi des radars pendant un mois. Après un attentat qui coûte la vie à quatre responsables de la sécurité présidentielle, il ne donne pas signe de vie pendant un mois. Il ne réapparaîtra que le 19 août à la mosquée de Damas pour célébrer le début du Ramadan, l’Aïd Al Fitr.


Charles de Gaulle: 29 mai 1968-30 mai 1968

Un dernier exemple enfin, plus lointain certes (et beaucoup plus démocratique), mais qui concerne la France. En mai 1968, alors que les étudiants et les syndicats battent le pavé, le Général De Gaulle déclare au Premier ministre Georges Pompidou qu’il part se reposer à Colombey, exténué par le conflit social qui secoue le pays. Sauf que personne ne le verra arriver et personne, y compris au plus haut de l’Etat, ne sait où il se trouve. En réalité, le président français est parti dans le plus grand secret à Baden-Baden chez le général Massu, en charge des forces française en Allemagne. 24 heures plus tard, il reviendra en France pour annoncer la dissolution de l’Assemblée nationale.

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