Science & santéCulture

Un robot pourra-t-il peindre un faux Jackson Pollock indétectable?

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 13.03.2015 à 10 h 34

Repéré sur The Atlantic

«Convergence» Jackson Pollock

«Convergence» Jackson Pollock

Les algorithmes sont de plus en plus amateurs d'art: en 2014, des chercheurs en informatique avait enseigné à une intelligence artificielle à établir des liens entre des tableaux de différents artistes d'époques éloignées. Les résultats, étonnants, avaient permis de vérifier des influences déjà connues des historiens de l'art, et même d'en détecter de nouvelles.

En 1999, le physicien Richard Taylor a découvert des motifs répétitifs dans les toiles du peintre Jackson Pollock –des fractales– et pensait qu’un programme informatique pourrait analyser le coup de pinceau de l’artiste pour différencier un tableau authentique d’une imitation.

Un chercheur en informatique, Lior Shamir, vient de publier le résultat de l’analyse informatique de 100 tableaux dont 26 Pollock. Les tableaux du peintre ont été correctement identifiés dans 93% des cas grâce aux fameuses fractales…

The Atlantic revient sur ces découvertes qui posent une question inédite au monde de l’art: si un programme est capable d’identifier ce qui fait la patte inimitable d’un maître, un autre programme pourrait-il peindre un faux si bien réalisé qu’il serait indétectable? Si cette perspective évoque un scénario de science-fiction, Lior Shamir rappelle que dans les années 1960, le même scepticisme avait accueilli l’hypothèse qu’un ordinateur puisse un jour jouer aux échecs contre un humain, et finir par le battre… On connaît la suite.

Les détracteurs de la méthode d’analyse informatique affirment qu’on est encore loin du compte.

Le débat avait rejailli en 2004 quand le fils d’un ami de Pollock avait retrouvé des dessins et que la méthode des fractales avait été utilisée pour l’authentification, rappelle The New York Times. Katherine Jones-Smith, doctorante à la Case Western University, avait alors voulu tester la validité de cette méthode. Elle avait montré que les motifs géométriques trouvés en analysant les tableaux de Pollock et ceux de petites étoiles qu’elle avait dessinées en 5 minutes sur Photoshop étaient similaires

Untitled 5 («Sans titre 5»), le dessin fait sur Photoshop en 5 minutes identifié comme un Jackson Pollock

De plus, ajoute The Atlantic, ce n’est pas parce qu’un programme est capable d’identifier une œuvre qu’il peut trouver l’inspiration pour créer un faux parfait: selon le mathématicien Daniel Rockmore, c’est comme si sous prétexte que le pronom «le» représentait 2% des textes de George Orwell, un programme serait capable d’écrire du Orwell en suivant cette règle statistique…

Rappelons que les ordinateurs ont fait beaucoup de progrès dans une autre discipline, la musique. Francisco Vico, de l’université de Malaga en Espagne, est à l'origine des programmes les plus évolués dans ce domaine, Iamus et Melomics. En 2012, il a envoyé à un éminent musicologue Hello World!, la pièce musicale pour piano, violon et clarinette créée par Iamus: l'expert l’a datée des années 1920 ou 1930, écrivant qu’elle avait probablement été écrite par un Français...

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de cookies pour réaliser des statistiques de visites, vous proposer des publicités adaptées à vos centres d’intérêt et nous suivre sur les réseaux sociaux. > Paramétrer > J'accepte