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La Chine mène la bataille du soft power à la dure

Frédéric Martel, mis à jour le 15.03.2015 à 8 h 05

Education, cinéma, musique, Internet, centres Confucius: tout est bon pour défendre la culture chinoise. Et accentuer la propagande. Avec des résultats encore décevants.

«The Cultural Bureau» de Kacey Wong, à Hong Kong le 13 mars 2015. REUTERS/Bobby Yip

«The Cultural Bureau» de Kacey Wong, à Hong Kong le 13 mars 2015. REUTERS/Bobby Yip

Hong Kong (Chine)

Tout est rose. Les murs ont été peints en rose. Le catalogue est rose. Les grilles de la prison, qui servent de décors, sont roses. Et même The Cultural Bureau, l’œuvre majeure de l’exposition, un char d’assaut en carton-pâte, est rose lui aussi.

«J’ai choisi le rose car c’est la couleur du Parti communiste», me dit l’artiste Kacey Wong, lors d’un entretien jeudi 12 mars dans le quartier de Central, à Hong Kong. On est à la veille de l’ouverture officielle de son exposition. Et, sarcastique, il s’attend bien sûr à ma réaction médusée:

«Mais pour le Parti communiste, ce devrait être de couleur rouge, non?»

Kacey Wong sourit –il sourit tout le temps:

«Ici, à Hong Kong, on a une version diluée du Parti communiste chinois. Ils nous vendent un communisme soft. Donc pour moi, ici, le communisme est rose.»

A 45 ans, Kacey Kwok-choi Wong est un artiste hong-kongais unique. Et il est l’incontestable star locale du moment, omniprésent dans les médias, alors que se déroule cette semaine la foire annuelle de l’art contemporain asiatique Art Basel Hong Kong, où les critiques, acheteurs et amateurs d’art contemporain du monde entier affluent.

Les œuvres de Wong, des vidéos et des installations in situ principalement, sont présentées en ce moment à Hong Kong. Elles évoquent le «lavage de cerveau» (Brain Washing Machine, 2012), les mensonges du Parti communiste (The Pinocchio, 2013), l’invasion des communistes à Hong Kong (Attack on the Red Giant, 2013). «Ce sont des métaphores pour décrire le “bad guy” –les communistes– qui se rapproche inexorablement de notre ville», explique l’artiste.

Passé maître dans les happenings et le «protest art», présent dans toutes les manifestations hongkongaises, Kacey Wong est également l’un des fondateurs du «Umbrella Movement Art Preservation», une association de conservation des œuvres d’art créées durant la « révolution des parapluies », le mouvement étudiant pro-démocratie de l’automne 2014. 

«Je suis fier d’être Hongkongais. Ici, ce n’est pas la Chine. Si je faisais cette exposition à Pékin, je serais placé en détention. Pourtant, on sent bien la pression de Pékin pour en finir avec la liberté d’expression, pour affaiblir la contestation. Alors, on résiste contre l’absurdité», me dit-il. Le nom de son exposition, du 2 au 28 mars à la galerie AJC de Hong Kong: «Art of Protest. Resisting against absurdity».

Le durcissement culturel du régime

L’absurdité de la propagande communiste chinoise a pris ces derniers mois de nouvelles formes. Pékin accentue sa pression sur les artistes et les intellectuels. Il y a un durcissement culturel actuel du régime depuis que le président chinois Xi Jinping a fait de la culture et du «soft power» ses priorités[1]. Et il est amusant de voir cette expression, inventée outre-atlantique dans les cercles diplomatico-militaires américains, reprise par le président communiste chinois.

Toujours est-il que l’appareil du parti, le gouvernement chinois et leurs relais innombrables sont désormais à l’oeuvre pour lutter contre l’influence culturelle occidentale «néfaste». Récemment, le ministre de l’Education chinois, Yuan Guiren, a dénoncé les forces étrangères qui minent l’unité de la Chine. Il entend donc, selon ses propos rapportés par le South China Morning Post, censurer les manuels scolaires qui promeuvent les valeurs occidentales, telles que les droits de l’homme, l’«Etat de droit», la «société civile» ou le «constitutionnalisme», et veut interdire les critiques du Parti communiste dans les écoles.

Dans les universités, où un rapport spécialement consacré à cette question a été rédigé par les autorités (et dévoilé le mois dernier par l’agence officielle chinoise Xinhua), il s’agit aussi de contrer les «nuisibles influences occidentales» et de réaffirmer l’obligation d’un enseignement «marxiste rigoureux».

Au-delà de l’anecdote (Marx étant lui même un occidental) et de l’hypocrisie de cette politique (la fille de Xi Jinping a fait ses études à Harvard), cette remise au pas atteste paradoxalement, selon des experts interrogés à Hong Kong, de la fragilité idéologique du Parti communiste chinois et de l’affaiblissement de son autorité sur la vie intellectuelle en Chine même. «Il se sent menacé de l’intérieur alors il redouble de censure», reconnaît un universitaire hongkongais, qui préfère rester anonyme par peur des représailles du Parti.

Les artistes endoctrinés

Les enseignants et universitaires ne sont pas les seuls visés. Les artistes font l’objet d’un traitement spécial du régime. En octobre dernier, le président Xi Jinping a lui-même demandé aux créateurs et écrivains, dans un discours très médiatisé à Pékin, d’avoir les «pieds sur terre», de se mettre au service des «citoyens ordinaires» et de «nettoyer les esthétiques indésirables» au lieu de suivre leur créativité exacerbée. Il les a aussi encouragés à ne pas trop dépendre du marché pour ne pas perdre en «vitalité». Une attaque indirecte contre les industries culturelles américaines.

Plus surprenant encore, le président chinois a pris comme modèle le blogueur Zhou Xiaoping, un jeune nationaliste pro-communiste (il n’est ni artiste, ni écrivain), lequel reprend sans sourciller la propagande officielle anti-occidentale, quand il ne répand pas des rumeurs infondées. A sa façon, Xi Jinping renoue avec une forme de maoïsme culturel, qui a placé toute la production culturelle sous le contrôle strict du Parti communiste.

Un autre outil a été développé au service de cette guerre mondiale de la culture: les instituts Confucius. Le premier a été inauguré à Séoul en 2004 et le projet a été décuplé depuis, à travers le monde, sur le modèle du British Council ou du Goethe Institute. On en compte aujourd’hui près de 500 dans une centaine de pays (dont 100 aux Etats-Unis), avec un budget total évalué à 278 millions de dollars par an. A cela s’ajoute, dans un format plus modeste, près d’un millier de «programmes scolaires», des sortes de classes de chinois, dispensés dans des institutions partenaires dans de nombreux pays.

Il n’empêche: les moyens ne font pas tout et les Instituts Confucius semblent un échec presque partout dans les pays occidentaux (ils ont plus de succès en Afrique ou en Asie).

En France, par exemple, ce centre linguistique pro-chinois est un outil de propagande du Parti qui fonctionne au mépris des règles de pluralisme et de liberté d’expression constitutives du modèle universitaire français. Du coup, ces enseignements qui ignorent les évènements de la place Tiananmen, travestissent les faits sur le Tibet ou sur Taïwan, correspondent peu aux attentes des étudiants français, même lorsqu’ils sont désireux d’apprendre sincèrement le mandarin. Sans visibilité, sans activité culturelle, l’institut Confucius parisien ne convainc qu’un public d’afficionados déjà endoctriné –essentiellement des enfants de Chinois exilés en France qui peuvent approfondir leur langue à bas coût.

Le cinéma

Autre succès relatif du modèle culturel chinois: le cinéma. Celui-ci connaît à domicile un développement sans précédent. En février 2015, le box-office national a dépassé pour la première fois celui des Etats-Unis, avec près de 650 millions de dollars de revenus (4,7 milliards de dollars au total pour le box-office chinois en 2014). On ouvre actuellement une quinzaine de nouveaux écrans de multiplexes chaque jour en Chine.

Ces résultats inédits sont pourtant le résultat d’un système brutal de censure et de quotas: pendant les récentes fêtes du Nouvel an chinois (le 19 février cette année), tous les films américains ont été retirés des écrans pour laisser la place aux blockbusters locaux.

Lesquels n’ont eu, à ce jour, que peu de succès à l’étranger. Un rare blockbuster évoquant la Chine ces dernières années fut Kung Fu Panda –avec en vedette le sport emblématique et l’animal vedette national– mais c’était un film du studio américain Dreamworks Animation! La Chine n’a pas réussi à produire un seul blockbuster mondial. Elle n’a pas non plus réussi à produire un seul hit musical mondial.

D’où une certaine frustration face au succès global de Gangnam Style, du sud-coréen Psy.

Le petit livre rouge de Xi Jinping

Il y a plus grave: le culte de la personnalité. Depuis Mao, et, pour une part, Deng Xiaoping, la Chine n’avait plus connu un tel regain de «patriotisme personnalisé», selon l’expression d’un universitaire interrogé à Hong Kong. «Papa Xi», comme il est désormais surnommé, fait en effet l’objet d’éloges anachroniques dans la Chine de 2015.

Récemment, un livre des «pensées» de Xi Jinping s’est diffusé très largement. Près de 17 millions de copies en 8 langues auraient été tirées (vendues ou offertes gracieusement). Ce livre, que j’ai pu me procurer à Hong Kong, et dont la presse a décrit le talent insurpassable, est en fait, une modeste, sinon banale, compilation des discours, interviews, «instructions» et autres correspondances du président chinois, en 515 pages. Le livre n’est qu’un élément d’une stratégie de propagande désormais bien huilée, qui vise à peindre le leader chinois en mari vertueux, en penseur toujours empreint de sagesse et, bien sûr, en incorruptible. Le journal du parti, le People’s Daily, réussit même à décrire Xi Jinping comme un leader à la fois digne de Superman et comme un homme normal, bon père de famille, qui porte –le détail a dit-on son importance– lui-même son parapluie.

Les chansons à la gloire de ce géant «qui ose affronter les tigres, aussi forts les tigres soient-ils» sont également significatives. Une comédie musicale sur la vie de Xi Jinping a même été produite, souligne le New York Times.

Selon le China Media Project de l’Université de Hong Kong, qui observe le phénomène de la personnalisation accrue du pouvoir chinois, le nom de Xi Jinping apparaît en moyenne deux fois plus que celui de son prédécesseur, Hu Jintao, dans les journaux du parti.

Cette personnalisation accrue n’exclut pas la radicalisation du système. Xi Jinping n’est en rien un modéré ou un libéral: c’est un dur. Certains n’hésitent pas à évoquer une forme de «poutinisation» en cours, qu’il ne faudrait pas sous-estimer.

Sur Hong Kong et Taïwan, par exemple, Xi Jinping montre ses muscles et a choisi de dénoncer vivement toutes les formes d’autonomisation, sans distinguer les situations (depuis la rétrocessions à la Chine en 1997, Hong Kong est, malgré le flou entourant sa nature précise, une région à «administration spéciale» alors que Taïwan est un pays indépendant qui entend bien le rester).

D’une manière générale, Xi Jinping veut renouer avec la grandeur chinoise et ce qu’il a appelé, en une formule attrape-tout, «le Rêve chinois» (laquelle fait écho au célèbre «rêve américain»). Ce qui passe par des correctifs, face aux erreurs du système: le président mène ainsi une lutte sans merci contre la corruption. Cette véritable guerre interne est très populaire, voire populiste, les Chinois appréciant que la justice s’applique aussi aux puissants. Des experts à Hong Kong contestent cependant la sincérité de cette campagne anti-corruption qui serait dirigée, en fait, contre les opposants internes au clan Xi Jinping et viserait à asseoir sa légitimité.

En tout cas, nul ne pense qu’on peut effectivement lutter contre la corruption en Chine sans s’attacher à ses causes: le centralisme du parti, la nomenklatura communiste, la fragilité de l’Etat de droit, l’absence de liberté d’expression et de liberté de presse. Et l’existence d’un Internet libre.

Baidu à la place de Google, Weibo au lieu de Twitter

Car la guerre culturelle chinoise se décline désormais sur le web. La Chine est le seul pays au monde a avoir créé non pas seulement un «intranet», avec un réseau propre intégralement censuré, mais un «autre» Internet, la seule alternative face à la toute puissance américaine.

Pour cela, il a cloné les principaux sites américains, dans une logique à la fois de censure et de patriotisme économique. On n’y consulte pas Google, mais Baidu; on ne poste pas de vidéos sur YouTube, mais sur Youku; on n’utilise pas WhatsApp mais Weixin ou WeChat; on n’achète pas de produits sur Amazon mais sur Alibaba; on communique avec ses amis sur Renren, l’équivalent de Facebook; et on ne poste pas de messages sur le site de micro-blogging Twitter mais sur les Weibos, en 140 idéogrammes chinois également.

Pour ajouter du centralisme à un système numérique déjà bien verrouillé, Pékin vient de nommer une sorte de haut commissaire à Internet. A la tête d’un vaste appareil de contrôle, sinon de propagande, Lu Wei, un haut gradé de 54 ans, apparaît comme le nouvel homme fort du numérique chinois.

Cette surveillance accrue est-elle compatible avec le développement économique du pays? C’est toute la question. Le Premier ministre, Li Keqiang, vient de lancer un plan très médiatisé baptisé «Internet Plus Strategy» qui vise à doper l’esprit d’initiative des start-ups et à assurer une transition économique pour des pans entiers de l’économie traditionnelle chinoise.

Face au ralentissement de l’économie du pays –en particulier dans les secteurs traditionnellement porteurs de l’industrie lourde, des infrastructures et de l’immobilier–, Pékin infléchit discrètement sa politique économique. Et mise désormais sur une reprise de la croissance par la consommation des classes moyennes, les services et le numérique.

Oublié le marxisme! La Chine est désormais un pays ultra-capitaliste, en dépit de son «économie socialiste de marché» ou, selon une autre formule célèbre, son modèle de «capitalisme d’Etat». Combinaison extravagante, si l’on y songe, d’une économie de marché véritable, dynamique et même sauvage, de petites entreprises assez autonomes tournées vers la consommation intérieure, de grandes multinationales en concurrence forte dans une économie patriotique fermée (la Chine tolère bien la compétition interne entre ses champions nationaux) et d’un système de commandement encore léniniste, au sommet, qui assure un contrôle politique total –l’ensemble contribuant à ce qu’il faut bien appeler le miracle économique chinois.

Tout cela se développe au mépris des règles du commerce mondial, pourtant reconnues par la Chine depuis son entrée à l’OMC en 2001. Parfois, en marge également des règles des marques, des brevets et du copyright. Cette semaine, on a vu apparaître sur les marchés noirs de Shenzhen, Canton et Hong Kong des copies conformes de l’Apple Watch, à un prix bien inférieur, et avant même sa sortie officielle dans le commerce aux Etats-Unis.

Reste que ces succès sous protection patriotique ont leurs effets pervers. L’esprit d’initiative et d’innovation manque en Chine, où l’immense pays compte moins de start-ups que dans le tout petit Israël! Difficile d’être à la pointe de l’innovation quand on n’a accès ni aux sites étrangers pour s’informer, ni aux revues économiques et scientifiques en ligne –tous censurés en Chine. Il est difficile pour les sociétés chinoises de se faire connaître à l’international, ou simplement d’échanger avec leurs filiales, lorsque les systèmes d’emails et les réseaux sociaux ne sont pas compatibles.

«Ne sous-estimer pas la capacité de la Chine à innover. On débat, on expérimente, on voit ce qui marche ou pas. On est très pragmatique. La Chine est maintenant schumpétérienne», relativise Lok Sang Ho, directeur du département d’économie de l’université Lingman à Hong Kong, et réputé pro-Pékin. Pour qui la «destruction créative» de l’économiste Schumpeter serait l’un des éléments du nouveau modèle économique chinois!

A l’inverse, de nombreux économistes, ou spécialistes d’Internet, ne voient pas comment la Chine peut continuer à jouer un rôle majeur sur la scène numérique mondiale, en conservant un système qui l’isole du reste du monde. Surtout qu’au lieu de libéraliser certaines niches non politiques et de s’ouvrir pragmatiquement à des domaines stratégiques, on constate un mouvement inverse: dans un monde post-Snowden, la Chine renforce actuellement son contrôle d’Internet, au lieu de l’assouplir. Une série de mesures techniques comme l’obligation de relocalisation des données, la transmission des codes sources et l’interdiction du cryptage, sont actuellement en débat au parlement du peuple chinois, dans le cadre d’une nouvelle loi antiterroriste.

Mise en place d’une machine politique pro-Pékin

A Hong Kong, comme toujours, les contradictions du système chinois apparaissent au grand jour. La ville est, comme on aime à le rappeler ici, un pont entre la Chine et l’occident. On y a accès à l’Internet occidental et à l’Internet continental: Google et Baidu. Twitter ouvre un bureau. On y voit sans restrictions les films américains et tous les livres censurés par Pékin y fleurissent. On y commémore chaque année le massacre de Tiananmen. Des centaines de galeries d’art contemporain, qui ouvrent ce week-end pour Art Basel, y présentent les artistes les plus contestataires du moment, attestant d’une vitalité artistique unique.

Pourtant, ici aussi, une offensive culturelle sans précédent a été lancée par Pékin.

Enseignant à l’université chinoise de Hong Kong, Simon Shen prédit le durcissement du régime contre l’Internet hongkongais et la mise en place d’une censure qui, pour l’heure, n’existe guère ici.

Cette stratégie passe aussi par une subtile reprise en main de l’enseignement: mise en place d’une «éducation patriotique», nettoyage des programmes scolaires et priorité accordée au mandarin et au chinois simplifié (au lieu du cantonnais et du chinois traditionnel, les langues orale et écrite locales). Le Parti communiste organise et finance aussi une «société civile» artificielle afin de faire croire que les pro-Pékin sont majoritaires. «C’est la mise en place de ce qu’on appelle ici une “machine politique”», explique Edmund Cheng, un universitaire hongkongais.

Parallèlement, le régime met au pas la presse indépendante et les maisons d’édition contestataires en utilisant, comme en Russie, l’arme économique. Une habile politique a été élaborée, jouant sur les moyens de distribution, les ressources publicitaires et la loi sur le copyright, pour accentuer le contrôle. «C’est une politique de soft power à long terme mais une politique qui n’est pas entièrement soft», analyse Edmund Cheng.

En définitive, la Chine a bien compris l’importance du «soft power» mais elle veut l’appliquer à sa façon, c’est-à-dire en employant les moyens du «hard power», celui de la coercition. «La stratégie de la Chine, c’est d’utiliser le hard power pour favoriser le soft power», conclut Simon Chen.

Pour les artistes hongkongais, qui cultivent leur liberté et leur esprit contestataire sans limites, Hong Kong reste unique.

L’agitateur Kacey Wong peut plastronner sur son char d’assaut en carton-pâte tout rose sans craindre d’être inquiété. Mais la bataille qui se joue dans la culture et les idées dépasse de loin la petite scène hongkongaise. La reprise en main systématique de la culture et des idées par Pékin, entreprise de grande ampleur, peut encore tolérer pour un moment un îlot de liberté. Mais cela reste une liberté en sursis.

1 — Le «soft power» est l’art d’influencer le monde par la persuasion, c’est-à-dire par la culture, les idées, le numérique, les valeurs, au lieu de le faire par la coercition militaire ou diplomatique traditionnelle, le «hard power» Retourner à l'article

 

 

Frédéric Martel
Frédéric Martel (82 articles)
Journaliste et chercheur
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