Histoire

Ben Zion Kalb, le juif polonais qui a fait s'évader des centaines de juifs pendant la Seconde Guerre mondiale

Rebecca Onion, traduit par Jean-Marie Pottier, mis à jour le 12.03.2015 à 15 h 24

Détail d'une des notes de Ben Zion Kalb (United States Holocaust Memorial Museum, don Ben Zion and Clara Colb).

Détail d'une des notes de Ben Zion Kalb (United States Holocaust Memorial Museum, don Ben Zion and Clara Colb).

Ben Zion Kalb (qui a ensuite changé son nom en Colb) avait 29 ans quand les Allemands ont envahi la Pologne en septembre 1939. Après une violente rencontre avec un policier allemand, il a réalisé que la Pologne n'était plus un endroit sûr pour les juifs et s'est enfui en Slovaquie (ce pays, bien qu'allié des puissances de l'Axe et au départ complice des déportations de citoyens juifs, a refusé d'autoriser ces déportations après octobre 1942).

En Slovaquie, Kalb s'est impliqué dans la Résistance et a cherché un moyen d'aider sa fiancée Clara Lieber, qui était encore en Pologne, à le rejoindre. En 1943, avec l'aide d'un réseau de passeurs et de guides qui l'ont cachée dans une porcherie puis l'ont escortée à travers les montagnes à la frontière entre les deux pays, Clara est parvenue à s'installer relativement en sûreté en Slovaquie.

Après ce premier succès, Kalb a, comme l'explique Judith Cohen, la directrice du département des collections photographiques du United States Holocaust Memorial Museum, dans une vidéo réalisée par le musée, «compris que, de la même façon qu'il avait fait passer clandestinement sa fiancée en Slovaquie, il pouvait faire passer d'autres juifs».

La collection de documents de Kalb du musée –des listes, des lettres, quelques photographies– reflète les efforts menés par lui pendant plusieurs années pour retrouver et sauver des juifs polonais. Kalb s'est avant tout efforcé de sauver des enfants et des jeunes, mais il a aussi apporté son assistance à des familles, des chefs religieux ou des adultes en général.

Dans une lettre faisant partie de la collection, Yitzhak Zuckerman, qui allait ensuite devenir le leader du soulèvement du ghetto de Varsovie, remercie Kalb de lui avoir envoyé un messager pour le faire sortir, mais lui explique qu'il estime devoir rester là où il est.

Une des listes de noms de Ben Zion Kalb. United States Holocaust Memorial Museum, don Ben Zion and Clara Colb.

En utilisant les listes manuscrites contenues dans les carnets de Kalb, ainsi que d'autres documents de la collection, Cohen et le musée ont tenté de rassembler des informations sur les gens qu'il a aidés à sortir. Ecrites en hébreu, en yiddish et parfois en alphabet latin, les notes de Kalb incluent des noms de personnes, des dates de passage, des dates et lieux de naissance. En travaillant à partir d'elles et des listes de survivants tapées à la machine par Kalb, Cohen affirme que ce dernier a sauvé «au moins plusieurs centaines de personnes, et très probablement plus de mille».

Rebecca Onion
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Journaliste
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