Santé / Sciences

Où étiez-vous le 11-Septembre? Vos souvenirs se jouent peut-être de vous

Temps de lecture : 2 min

Le vol United 175 s'apprête à percuter la seconde tour du World Trade Center, le 11 septembre 2001. REUTERS/Sean Adair.
Le vol United 175 s'apprête à percuter la seconde tour du World Trade Center, le 11 septembre 2001. REUTERS/Sean Adair.

Tout le monde croit se souvenir où il était et ce qu’il faisait lors d’événements qui ont marqué l’histoire contemporaine, comme la mort d'une célébrité ou un attentat. C'est le cas des attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis en particulier: presque tout le monde peut raconter ce qu’il faisait ou bien où il était au moment de l’annonce des attaques contre le World Trade Center à New York.

Mais peut-être pas avec véracité, car ces souvenirs sont altérés dans 40% des cas. C'est la conclusion d'une étude que vient de publier une équipe de chercheurs dans la revue Journal of Experimental Psychology, résultant d’un questionnaire administré à 2.100 Américains à trois reprises sur une période de dix ans suivant le 11-Septembre: un an, trois ans et dix ans après.

Le récit des personnes interrogées a parfois changé dans l’année suivant le 11-Septembre, avant de rester ensuite inchangé tout au long de la décennie. Par exemple, un homme croyait qu'il était dans la rue quand il a appris les attaques, alors qu'il était en fait dans son bureau.

Les gens se souviennent de leurs diverses activités à la date concernée, mais ils ont du mal à remettre leurs bribes de souvenirs en ordre, écrit le magazine Time à propos de l’étude. Et une fois que l’histoire qu’ils se racontent est cohérente, ils s’en tiennent à celle-ci.

Cette altération des souvenirs personnels est d’autant plus surprenante qu’interrogés sur les événements eux-mêmes, ils sont 80% à répondre correctement, peut-être parce qu’une couverture médiatique périodique de l’événement les aide à entretenir leur mémoire.

Le 11-Septembre a eu un tel impact sur les Américains qu’une autre équipe de chercheurs vient de découvrir que celui-ci était mesurable dans les échantillons de sang prélevés à l’époque.

Des télomères, segments d’ADN situés à l'extrémité des chromosomes sensibles au stress, avaient raccourci dans les mois suivant les attaques, ont pu établir des scientifiques à partir de prélèvements sur des habitants de l'Utah. Une corrélation découverte par hasard, explique le Salt Lake Tribune. Le nombre de patients hospitalisés pour une crise cardiaque a également augmenté par rapport à l’année précédente. Dans ce cas également, les médias joueraient un rôle en aggravant l'impact de la catastrophe et ses répercussions sur l'ensemble de la population.

Slate.fr

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