Monde

L'Allemagne veut créer un ersatz de carte d'identité pour les islamistes qui voudraient partir en Syrie

Temps de lecture : 2 min

Ce projet, qui doit être examiné au Bundestag, est vivement critiqué.

Un panneau «interdit» dans l'aéroport de Munich, en octobre 2014.  REUTERS/Michaela Rehle
Un panneau «interdit» dans l'aéroport de Munich, en octobre 2014. REUTERS/Michaela Rehle

L'Allemagne est l'un des grands réservoirs européens de combattants islamistes. Depuis que la Syrie et l'Irak sont en guerre, plus de 550 candidats au djihad ont quitté l'Allemagne pour combattre et aller grossir les rangs de l'organisation armée Etat islamique, indiquait le quotidien Die Welt en janvier 2015.

Jusqu'ici, le gouvernement allemand avait tenté de limiter ces départs en retirant leur passeport à de nombreux extrémistes suspectés de vouloir partir combattre en Syrie et en Irak. Mais une vingtaine de djihadistes sont tout de même parvenus ces derniers mois à rejoindre ces zones de guerre grâce à leur carte d'identité, en transitant par les Pays-Bas, la Belgique ou la Turquie.

Le ministre de l'Intérieur allemand Thomas de Maizière (CDU) a donc annoncé début 2015 qu'il comptait à l'avenir retirer leur carte d'identité aux islamistes soupçonnés de vouloir quitter le pays.

Cette suspension pourrait durer jusqu'à trois ans. Les personnes concernées se verraient remettre un «ersatz de carte d'identité» ne ressemblant pas à une carte d'identité standard et sur lequel figurerait la mention «N'autorise pas à quitter l'Allemagne» –mystères de la traduction administrative, celle-ci ressemble plutôt à un pense-bête à l'attention du détenteur de la carte dans sa version française sur le document: «Ne pas utiliser pour voyager en dehors de l'Allemagne». D'après le quotidien Handelsblatt, les détenteurs de cet ersatz de carte d'identité devront eux-mêmes s'acquitter de ses frais de fabrication, d'un montant de 10 euros.

Ce projet de loi sera examiné la semaine prochaine au Bundestag, rapporte l'hebdomadaire Der Spiegel, mais s'attire déjà de nombreuses critiques de la part de ceux qui y voient une violation des libertés individuelles, y compris de la part de la commissaire fédérale à la protection des données et la liberté d'information, Andrea Voßhoff (CDU), qui accuse le document d'être discriminatoire à l'égard de ses détenteurs:

«L'effet de stigmatisation de l'ersatz de carte d'identité va être considérable, rien que du fait que visuellement, il ne ressemble pas à la carte d'identité "normale".»

Andrea Voßhoff ajoute:

«Les détenteurs de tels documents devront s'attendre à faire face à des difficultés considérables au quotidien, par exemple pour conclure des contrats.»

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