France

Oubliez la fin de vie, à gauche, la tendance est au «suicide»

Temps de lecture : 2 min

Désunion aux élections départementales, risque d'une élimination dès le premier tour en 2017: le «suicide» de la gauche est sur toutes les lèvres.

Noose, Old Austin County Jail, Bellville, Texas / Patrick Feller via Flickr CC License By

Alors qu'est discutée à l'Assemblée nationale la proposition de loi sur la fin de vie, qui veut autoriser la «sédation profonde et continue», c’est-à-dire l’endormissement jusqu’à la mort pour les patients en fin de vie souhaitant arrêter leur traitement, des pensées morbides semblent animer le Parti socialiste, jusqu’au plus haut niveau.

Sur France Inter, le mercredi 11 mars, le premier secrétaire du parti, Jean-Christophe Cambadélis, a regretté la désunion à gauche, «une erreur de diagnostic». Malgré un bon bilan des conseils généraux en place selon lui, «il y a division, regrette-il. Elle est incompréhensible. On assiste à un suicide politique en direct. Le Parti communiste aujourd'hui va perdre l'ensemble de ses bastions. Les écologistes se battent devant tout le monde, soit avec nous, soit dans l'autonomie, soit avec le Parti communiste. Tout le monde va perdre».

Interviewé par le magazine Challenges, François Hollande souhaite lui aussi l’union en raison de l’«exigence impérieuse du combat contre le Front national», tout en se faisant peu d’illusion sur la volonté des écologistes de la réaliser:

«On peut empêcher quelqu’un de se suicider trois fois, quatre fois. Mais la cinquième fois, peut-on encore le retenir?»

La pulsion de mort qui semble animer la gauche n’échappe pas aux observateurs. Sur Le Lab, Olivier Duhamel estime ainsi que «pour les élections départementales des 22 et 29 mars, la gauche française a battu tous les records de stratégie suicidaire. Adeptes du chacun pour soi, les différentes composantes de la gauche ont en effet organisé leur auto-élimination». Il rappelle que si UMP et UDI partent avec un seul binôme dans 69% des cantons, les gauches ne sont regroupées que dans 21% d’entre eux.

Le Premier ministre Manuel Valls, qui a fait de la lutte contre le Front national un enjeu prioritaire à l'approche des départementales, avait prévenu en juin 2014 ses camarades socialistes du risque d'un duel UMP-FN au second tour de la présidentielle 2017: «Oui, la gauche peut mourir», lâchait-il alors. Y aura-t-il quelqu'un pour la retenir d'ici là?

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