Culture / Monde

La condamnation de Robin Thicke et Pharrell Williams est une terrible nouvelle pour la musique

Temps de lecture : 2 min

Pharrell Williams et Robin Thicke à Fayetteville/Arkansas, le 6 juin 2014. REUTERS/Rick Wilking
Pharrell Williams et Robin Thicke à Fayetteville/Arkansas, le 6 juin 2014. REUTERS/Rick Wilking

Robin Thicke et Pharrell Williams ont été jugés coupables d’avoir plagié Got to give it up de Marvin Gaye dans leur tube de 2013 Blurred Lines. Ce verdict est une terrible nouvelle pour les musiciens qui essayent de créer de nouvelles chansons, estime Quartz.

Les deux chansons se ressemblent, concède Quartz. En effet Blurred Lines évoque une musique des années 1970 mais le titre «ne copie directement aucune parole ou mélodie de Got to Give It Up

«La musique soul sonne comme de la musique soul», expliquait ainsi Pharrell Williams pour sa défense, rapporte l'Express.

Quartz s’inquiète de l’avenir de la musique si des artistes ne peuvent plus dorénavant évoquer le son d’une époque passée sans risquer la condamnation:

«On connaîtra le coût réel [de cette décision] quand un génie de la musique encore inconnu essayera de créer une nouvelle musique, qui fera penser à une époque particulière, et sera poursuivi en justice jusqu'à tomber dans l’oubli à cause d’une chanson parue plus tôt qui "sonnait un peu pareil" que la sienne.»

Les artistes ont de tout temps rendu hommage à leurs prédécesseurs, rappelait le producteur de musique Mark Ronson dans une conférence TED l’année dernière. «Les albums tels que 3 Feet High and Rising de De La Soul, ou Paul’s Boutique des Beastie Boys ont pillé des décennies de musiques enregistrées», citait-il par exemple. «Vous savez en musique on choisit un morceau qu’on aime et on construit sur cela», expliquait-il.

Ce sont d’ailleurs les références au passé qui donnent leurs spécificités aux musiques de certaines époques, villes ou mouvements ajoute Parker Higgens, activiste de la fondation Electronic Frontier, cité par Quartz. Pour lui, si l'évocation de la musique d’une époque passée devait tomber sous le coup du copyright nous perdrions «les prochains mouvements disco, Motown, et la prochaine vague de chansons de protestation.»

Slate.fr

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