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Les Monuments Men de Syrie

Repéré par Myriam Lebret, mis à jour le 06.03.2015 à 18 h 26

Repéré sur Mother Jones

Des membres de l'armée syrienne libre jouent aux échecs dans le musée Al Maara à Maarat al-Noman le 29 mars 2013. REUTERS/Stringer

Des membres de l'armée syrienne libre jouent aux échecs dans le musée Al Maara à Maarat al-Noman le 29 mars 2013. REUTERS/Stringer

En 2014, nous vous parlions des vrais Monuments Men, ceux qui ont inspiré le film de Georges Clooney. Le temps de la Seconde Guerre mondiale est loin, et, pourtant, il existe encore des équipes qui protègent les œuvres d'artC'est le cas en Syrie, alors que les combattants de l'Etat islamique détruisent le patrimoine du pays

Le site Mother Jones relate l'histoire des «Monuments Men» de Syrie, une équipe d'activistes qui agit pour la protection du patrimoine du pays. 

Amr Al-Azmn, un archéologue qui a fuit la Syrie pour se réfugier aux Etats-Unis en  2006, fait lui aussi partie du réseau. C'est lui qui appelle les activistes les «Monuments Men», en hommage aux soldats américains qui ont essayé de protéger l'art européen contre les nazis. 

Parmi les membres du réseau se trouvent plusieurs de ses anciens étudiants, comme Ahmed Salem (son nom a été changé par précaution), 28 ans, qui est entré dans le territoire de l'Etat islamique pour photographier des preuves de la destruction de l'héritage culturel syrien.

Al-Azm et le reste du réseau ont été propulsés au coeur de l'action en 2012. La ville de Maarat était assiégée alors qu'elle possédait un musée vieux de plusieurs centaines d'années en son centre. Les activistes ont décidé de protéger les œuvres avec des sacs de sable, une méthode utilisée durant la Première et la Seconde Guerres mondiales. 

Mais le plus grand ennemi de ces «Monuments Men» est l'Etat islamique: ce que le groupe de détruit pas, il le vole pour le revendre au marché noir. Al -Azm souligne que «le pillage est beaucoup plus intense et criminalisé dans les territoires occupés par l'EI».

L'Etat islamique s'autofinance en grande partie. Six mois après que l'EI a pris Mossoul, des archéologues ont remarqué en observant des images satellites que des sites avaient été pillés, comme le rapporte Mother Jones. Entre mars et novembre 2014, plus de 1.200 fosses ont été creusées sur le site archéologique de Mari, en Syrie. 

Si pour l'instant aucun des membres du réseau des «Monuments Men» n'est décédé, Al-Azm craint pour leur sécurité:

«Lorsqu'ils sont sur les territoires de l'Etat islamique, ils peuvent être tués ou incarcérés à tout moment.»

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