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Fin 2014, l’organisation Etat islamique totalisait 46.000 comptes Twitter

Temps de lecture : 2 min

Le réseau social, arme numérique favorite des djihadistes de Daesh, fait difficilement face à la multiplication des profils glorifiant leurs actions.

Des combattants de l'EI vers Mossoul, le 11 juin 2014. Stringer/REUTERS
Des combattants de l'EI vers Mossoul, le 11 juin 2014. Stringer/REUTERS

Il y a quelques jours, l’EI publiait sur Internet des menaces de mort à l’encontre des employés du réseau social Twitter et de l’un de ses cofondateurs, Jack Dorsey. Au cœur des reproches formulés par Daech, la suppression de plus de plus de 2.000 comptes par Twitter, qui voulait bloquer la propagande qu’ils véhiculaient sur leur site.

Les djihadistes comptent énormément sur les réseaux sociaux, et en particulier sur la plateforme de micro-blogging, pour faire leur promotion et recruter de nouveaux membres. Selon une étude publiée par la Brookings Institution de Washington et relayée par le Time, 46.000 profils ont été comptabilisés, entre septembre et décembre 2014. Une estimation de 90.000 comptes de supporters de l’EI est même avancée.

20.000 d’entre eux ont été analysés plus en détails par J.M. Berger et Jonathon Morgan, les auteurs de l’étude.

La plupart émettent depuis l’Arabie saoudite, la Syrie et l’Irak, même si certains profils sont localisés au Brésil par exemple, et la moyenne d’abonnés dépasse les 1.000, bien au-dessus de la moyenne mondiale. 75 % écrivent en arabe, et une large majorité correspondrait en réalité à des «fanboys» de Daech. L’étude n’a relevé que 79 comptes pouvant être considérés comme officiels.

La localisation des comptes supportant ou membres de l'Etat islamique. (source: rapport The ISIS Twitter Census)

Si l’on compare aux personnalités les plus suivies de Twitter (Barack Obama compte 56 millions d'abonnés) et à la masse d’utilisateurs dans le monde (288 millions selon l’entreprise), l’influence de l’EI peut paraître faible.

Mais l’étude souligne l’activité prolifique de plusieurs centaines de comptes. Ces soutiens acharnés contribueraient au succès de l’EI pour promouvoir son message sur les réseaux sociaux, notent Berger et Morgan:

«Les salves courtes mais prolongées d’activités permettent à des hashtags de figurer parmi les sujets les plus discutés, amenant ainsi l’aggrégation et l’insertion de contenus tweetés dans les résultats de recherche.»

Le Washington Post relève de son côté l’effet relatif des suspensions de comptes lancées par Twitter.

«L’étude alerte aussi sur les conséquences involontaires de la campagne de suspensions, provoquant surtout l’isolement des comptes pro-Etat islamique. Notamment certains des comptes “officiels” de l’EI qui se sont tournés vers des paramètres privés très élevés et ont pris des mesures (en utilisation par exemple l’avatar “œuf” par défaut de Twitter) pour éviter la détection.»

Slate.fr

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