Allemagne / Culture

Berlin veut ressusciter la technoparade, pas la Love Parade

Temps de lecture : 2 min

La Love Parade à Berlin en 1998 / AGO76 via Wikipedia / Domaine public
La Love Parade à Berlin en 1998 / AGO76 via Wikipedia / Domaine public

Cet été, la techno et l'amour pourrait inonder les rues de Berlin. Un collectif berlinois d'organisateurs de raves, OpenAir to go, vient de lancer l'idée d'une procession techno qui aurait lieu le 17 juillet 2015 dans la capitale allemande. A peine l'invitation créée sur Facebook que le «Zug der Liebe» («le cortège de l'amour» en français) rassemble déjà près de 30.000 participants.

Bien que ses organisateurs se défendent de vouloir s'inscrire dans la lignée de la fameuse Love Parade, cette immense rave rassemblant des dizaines de milliers de participants qui avait lieu autrefois chaque été dans les rues de Berlin, la presse allemande titre cette semaine à l'unisson sur «la nouvelle Love Parade», à l'instar du quotidien Der Tagesspiegel.

Organisée pour la première fois le 1er juillet 1989 à Berlin-Ouest par le DJ Dr. Motte, comme le rappelle la mairie de Berlin sur son site, ce grand raout avait pour slogan «Friede, Freude, Eierkuchen», une expression familière qui signifie littéralement «paix, joie, crêpes» mais qu'on pourrait traduire par «tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil». Bien que le rassemblement soit avant tout festif, Dr. Motte l'avait inscrit en tant que «manifestation politique» auprès des autorités de la ville, comme il l'expliquait il y a quelques années à l'agence de presse DPA:

«La paix, pour le désarmement; la joie via le moyen de communication qu'est la musique: les crêpes pour une répartition équitable de la nourriture. Je voulais établir quelque chose de bien. Pas une manifestation qui soit contre, mais qui soit pour tous les gens sur cette planète.»

Rassemblant au départ à peine 150 personnes, la Love Parade était devenue une manifestation de masse au fil des ans, et avait peu à peu été vidée de sa substance subversive, attirant de nombreux sponsors et son nom finissant même par devenir une marque.

A partir de 2007, elle n'avait plus lieu à Berlin mais dans d'autres villes allemandes et dans le monde, avant de finir tragiquement à Duisbourg en 2010, où une vingtaine de participants sont morts, la foule ayant été prise d'un mouvement de panique en traversant un tunnel dont la police locale avait bouché une des issues, comme le rapportait à l'époque l'hebdomadaire Der Spiegel.

C'est pour ces raisons que les organisateurs du «cortège de l'amour» ne se réclament pas de la Love Parade, comme l'explique Jens Hohmann dans une interview mise en ligne sur la plateforme musicale Ampya:

«C'est la référence que nous essayons d'éviter à tout prix. Je crois que les gens ont vraiment oublié qu'à la fin, la Love Parade n'avait plus rien à voir avec Dr. Motte et Berlin, mais avec Schaller [du nom de l'ancien organisateur de la Loveparade dans sa version commerciale], McFit, Duisbourg et des morts. Tous se réjouissent: “Oh oui, la Love Parade est enfin de retour!” Mais ça ne peut pas être le sens de ce projet. Nous ne voulons pas monter une immense scène devant la Siegessäule, ni faire venir des DJ du monde entier.»

Pour bien se différencer de la Love Parade, les organisateurs comptent donc organiser le défilé à Kreuzberg plutôt qu'autour du Tiergarten, ne veulent aucun sponsor et comptent sur la scène techno locale, y compris sur les patrons de clubs berlinois, pour la programmation musicale:

«Notre idée a rencontré beaucoup de succès. Nous sommes étonnés. Beaucoup de gens nous ont contacté pour nous aider, nous donner des conseils, proposer du matériel, et nous avons évidemment reçu des tonnes de candidatures de DJ.»

Slate.fr

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