Monde

La lettre d’une victime du double-attentat de Boston à Dzhokhar Tsarnaev

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 05.03.2015 à 15 h 06

Repéré sur The Washington Post, Facebook

Amputée à cause de l’explosion, Rebekah Gregory a voulu faire face à son bourreau pour lui dire qu’elle n’a plus peur.

Dzhokhar Tsarnaev, le 5 janvier 2015, jour de la sélection du jury. REUTERS/Jane Flavell Collins

Dzhokhar Tsarnaev, le 5 janvier 2015, jour de la sélection du jury. REUTERS/Jane Flavell Collins

Le lundi 15 avril 2013, Rebekah Gregory assiste avec beaucoup d’autres Bostoniens au marathon de la ville en compagnie de son fils. Sauf qu’à 14h50, son monde bascule. Une bombe vient d'exploser juste devant elle, elle est projetée dans les airs. Quand elle reprend ses esprits, elle réalise que l’une de ses jambes a été broyée par la déflagration et que son fils a disparu. Elle ne peut plus se déplacer, mais au bout de plusieurs minutes un homme le lui ramène. 

Rebekah Gregory a raconté son histoire lors du procès qui s'est ouvert à l’encontre de Dzhokhar Tsarnaev, accusé d'avoir perpétré ces atentas avec son frère.

Le Washington Post explique que, à la suite des attentats, Rebekah Gregory s’est mariée, puis divorcé, et a dû subir 17 opérations avant de se résigner et d’accepter l’amputation. Beaucoup pourraient penser que la vie telle que Rebekah Gregory l'avait connue jusque-là prenait fin.

Mais plutôt que de sombrer, elle a décidé de faire face, comme elle l’explique dans une lettre postée sur Facebook et qu’elle adresse à Dzhokhar Tsarnaev:

 

 

«Aujourd’hui [jour de son audition au procès, NDLR], je t’ai regardé droit dans les yeux, écrit-elle, et j’ai réalisé que je n’avais plus peur. Et aujourd’hui j’ai compris que m’asseoir en face de toi était le genre de pas en avant un peu fou dont j’ai toujours eu besoin.»

Elle raconte également comment elle a senti Tsarnaev passer à côté d’elle quelques instants avant l’explosion, quand elle a senti le fameux sac à dos piégé «frôler son bras».

«Et je pense que c’est une chose ironique quand quelqu’un essaye de faire le mal. Parce que, d’une certaine façon, cela finit toujours par quelque chose de bien. […] Parce que maintenant vous m’avez donné, à moi et aux autres survivants, un énorme base pour aider les autres et faire notre part afin de changer au mieux notre monde.»

«Donc maintenant… pendant que tu es assis dans ton confinement solitaire, attendant le verdict de ta vie, je vais apprécier tout ce que ce monde a de beau à offrir. Et devine quoi? Je le ferai sans peur… de toi. Parce que maintenant tu n’es personne, et ta défaite est officielle. Donc ça craint vraiment pour toi mec, j’espère vraiment que ça valait le coup.»

Si Dzhokhar Tsarnaev n'a pour l'instant pas plaidé coupable, son avocat a d'ores et déjà confirmé qu'il était l'un des responsables des attentats. La stratégie de la défense consistera désormais à éviter la peine de mort que Tsarnaev encoure pour 30 chefs d'accusation différents. 

 

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