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Six jours de prison pour une affaire de stationnement: les révélations choquantes du rapport sur la police de Ferguson

Temps de lecture : 2 min

Après la mort de Michael Brown, à Missouri (Ferguson), le 18 août 2014. REUTERS/Joshua Lott.
Après la mort de Michael Brown, à Missouri (Ferguson), le 18 août 2014. REUTERS/Joshua Lott.

Le ministère de la Justice américain vient de publier son enquête sur la police de Ferguson, la ville du Missouri où le jeune Michael Brown a été tué par un policier l'été dernier. Le rapport (disponible ici) évoque notamment le fait que la police, plutôt qu'un service public de protection des citoyens, est devenu un moyen pour la municipalité de s'enrichir grâce à de nombreuses amendes qui touchent les Afro-Américains de manière disproportionnée.

Le Washington Post a fait une sélection des points essentiels de ce document de 105 pages, pour lequel les auteurs ont interviewé des centaines de résidents et étudié des dizaines de milliers de rapports policiers. Le récit de certains cas particuliers –qui touchent tous des noirs de Ferguson– révèle l'incroyable arbitraire des pratiques policières locales.

Pour une affaire de stationnement illicite en 2007, une femme s'est retrouvée à payer plus de 1.000 dollars d'amende et à passer six jours en prison. L'amende initiale n'était que de 150 dollars mais avec les pénalités de retard, la somme a été multipliée par dix. Contrairement à d'autres villes qui tolèrent un échelonnement des paiements ou adaptent les amendes aux revenus, la municipalité de Ferguson est très stricte sur le sujet, et après un paiement en retard, la police lance un mandat d'arrêt contre la personne.

Dans un autre cas, en 2012, un homme de 32 ans était assis dans sa voiture près d'un parc où il avait joué au basket. Un policier lui a demandé ses papiers, l'a fouillé et l'a accusé d'être un pédophile étant donnée la proximité du parc. Il a aussi demandé à fouiller la voiture, ce que le passager a refusé. Le policier l'a ensuite arrêté pour une série d'infractions étonnantes, notamment le fait de ne pas avoir porté de ceinture de sécurité (alors qu'il était dans une voiture garée) et d'avoir fait une «fausse déclaration» car au lieu de donner son prénom, Michael, il avait utilisé le diminutif Mike. A cause de cette arrestation, cette personne a expliqué aux auteurs du rapport qu'il avait perdu un emploi de contractuel dans le service public.

L'utilisation illégale des chiens policiers pour «punir» des suspects est aussi mise en avant. Le rapport souligne que les policiers de Ferguson «lâchent leurs chiens exclusivement contre des noirs, souvent dans des cas où cela n'était pas justifié par les circonstances.» Les auteurs citent un cas dans lequel un chien policier a mordu un jeune non armé de 14 ans qui était avec des amis dans une maison abandonnée.

L'enquête cite également sept e-mails racistes écrits par des policiers, et reproduits dans un autre article du Washington Post. Il y en a un avec une image représentant Barack Obama comme un chimpanzé. Dans un autre, l'auteur se demande, encore au sujet d'Obama: «Quel homme noir garde son boulot pendant quatre ans?». Un autre affiche une image de femmes africaines qui dansent, suivie de la légende: «Les amis de lycée de Michelle Obama.» Il y avait de nombreux autres e-mails racistes, mais les enquêteurs ont choisi de n'en publier qu'un petit échantillon...

Slate.fr

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