Monde / Société

Le boycott de Netanyahou au Congrès a été très peu suivi par rapport à celui de Chirac en 1996

Temps de lecture : 2 min

A New York devant le consulat israélien, le 3 mars 2015. REUTERS/Shannon Stapleton
A New York devant le consulat israélien, le 3 mars 2015. REUTERS/Shannon Stapleton

Une cinquantaine de représentants démocrates et indépendants ne sont pas venus écouter le discours du premier ministre israélien Benjamin Netanyahou mardi au Congrès américain. Ils protestaient notamment contre le fait que le président républicain de la Chambre des représentants, John Boehner, ait invité Netanyahou sans demander l'avis de la Maison Blanche. Beaucoup ont aussi critiqué le fait que ce discours, deux semaines avant les élections israéliennes, faisait partie de la campagne électorale du premier ministre. Malgré ces quelques boycotts, la salle était pleine et très enthousiaste, surtout du côté républicain.

Ce n'était pas le cas lors du discours de Jacques Chirac au Congrès en 1996 après les essais nucléaires dans les atolls polynésiens de Mururoa et Fangataufa, rappelle un article de Vocativ. A l'époque, environ 485 membres du Sénat et de la Chambre avaient refusé d'assister à l'intervention du président français. Seulement 50 sénateurs et représentants avaient donc fait le déplacement, et la salle était tellement vide que des stagiaires et assistants parlementaires avaient été invités à remplir les sièges. Malgré ces efforts de remplissage, Jacques Chirac avait parlé devant une salle presque vide.

Il est vrai que le timing du président français n'était pas idéal: à peine quelques jours après une détonation atomique dans le Pacifique, il venait à Washington pour défendre la fin des essais nucléaires et chanter les louanges du désarmement. Le boycott, très suivi, avait été lancé par le groupe parlementaire Asie-Pacifique. Un représentant de l'île de Samoa avait déclaré:

«C'est le sommet de l'hypocrisie. Quelqu'un qui continue des essais nucléaires inutiles en violation d'un moratorium international ne peut et ne doit pas être considéré comme un défenseur du désarmement nucléaire.»

Mais contrairement à Barack Obama, qui n'a pas invité Netanyahou à la Maison Blanche et a critiqué son discours en disant qu'il n'avait «rien dit de neuf» et «n'avait proposé aucune alternative viable», Bill Clinton avait chaleureusement reçu Jacques Chirac sans évoquer les essais nucléaires.

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