Science & santé

Selon une étude britannique, le pénis français a en moyenne 24 ans d'ancienneté

Repéré par Vincent Manilève, mis à jour le 03.03.2015 à 17 h 10

Repéré sur BJU International, The Huffington Post, La Dépêche

Une nouvelle étude sur la taille moyenne du pénis humain se targue d’avoir basé ses calculs sur plus de 15.500 mâles à travers le monde. Quitte à prendre des données incomplètes ou vieilles de plus de 20 ans.

 Le Faune Barberini, détail via Wikipedia

Le Faune Barberini, détail via Wikipedia

Beaucoup de médias ont repris, non sans amusement, l’étude sur la taille «normale» du pénis humain réalisée par l’équipe du docteur David Veale du King's College London. Le titre de l’article, «Am I normal? A systematic review and construction of nomograms for flaccid and erect penis length and circumference in up to 15.521 men», reprend en effet une question que beaucoup d’hommes se posent: «suis-je normal?», c’est à dire «est-ce que mon sexe atteint une taille normale?»

Ce qu’on appelle la dysmorphophobie, c’est-à-dire la peur exagérée d'avoir un défaut corporel, est en effet très répandue puisque selon une autre étude, seuls 55 % des hommes seraient satisfaits de la taille de leur sexe.

Cette nouvelle contribution scientifique a mis en place des graphiques appelés nomogrammes pour comparer les différentes tailles du pénis, au repos et en érection. On apprend ainsi que le pénis mesure en moyenne 9,16 cm au repos et 13,12 cm en érection, mais aussi que le lien entre la taille du sujet et celle de son sexe n’est pas établi avec pertinence.

Mais au-delà de ces conclusions, si l’on se penche sur les détails de l’étude, on se rend compte qu’il s’agit en réalité d’une compilation de 20 études menées dans une douzaine de pays différents. Ce qui, comme beaucoup d'études faisant appel à un large panel, laisse apparaître de nombreuses disparités.

On peut ainsi voir que les Turcs constituent à eux seuls plus de 23% du panel global avec 3.608 patients étudiés lors de trois études différentes. On compte également 3.300 Italiens, 2.000 Egyptiens et 1.500 Iraniens. A l’inverse, dans la douzaine de pays constituant la liste, la Grèce en représente seulement 0,3% (52 patients).

Mais plus étonnant, les données recueillies datent parfois de plus d'une vingtaine d’années. L’étude portant sur le Nigéria date de 1985 et celles sur la France de 1991.

On peut se demander pourquoi David Veale a décidé de choisir des chiffres aussi anciens, puisque des recherches sont régulièrement menées pour effectuer des comparaisons entre les pays. De plus, pour une large majorité de pays, tous les critères ne sont pas remplis.

Notamment pour la France, où les mesures relevées concernent le sexe «flasque» et «étiré», mais pas quand il est en érection.

On avait déjà eu droit en 2008, en 2011 et 2012 à des articles scientifiques similaires, et qui avaient alors provoqué des débats autour de la méthodologie utilisée, de l’honnêteté des patients interrogés ou sur les contributions aléatoires de chaque pays.

L’équipe du King’s College l’avoue d’ailleurs sans problème dans son résumé:

«Il n’est pas possible avec la méta-analyse actuelle de tirer des conclusions sur les différences de taille de pénis à travers les différentes cultures.» 

Ils espèrent néanmoins que ces nouvelles mesures en rassureront certains. 

 

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