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C'est de la meth ou des bonbons? Huit denrées alimentaires que la police américaine a confondues avec de la drogue

Leon Neyfakh, traduit par Peggy Sastre, mis à jour le 06.03.2015 à 14 h 52

L'erreur est humaine.

Des bonbons. REUTERS/Ina Fassbender

Des bonbons. REUTERS/Ina Fassbender

Dur dur d'être policier. Souvent, le boulot consister à détecter des trucs qui ont l'air un peu louches, ou d'autres qui ne sont pas ce qu'ils ont l'air d'être.

Il va donc de soi que, de temps en temps, des policiers pensent voir des trucs qu'ils ne voient pas réellement et prennent un objet anodin pour quelque chose de dangereux. Parfois, l'erreur se termine en tragédie, quand l'anodin est confondu avec une arme. Mais à d'autres occasions, de telles bévues créent des situations grotesques. Plus souvent qu'à leur tour, les policiers croient avoir affaire à de la drogue quand, en réalité, ils sont face à... de la nourriture.

Voici donc huit cas de stupéfiants qui, à y regarder de plus près, n'étaient en fait que des aliments:

1.Ce n'était pas du crystal meth mais...

En juin 2012, deux amis se font arrêter par la police de Coney Island, Brooklyn, pour possession présumée de crystal meth.

Selon le New York Daily News, l'agent de police avait déclaré que les suspects étaient en possession de six «morceaux cristallins d'une matière solide» rouges et bleus.

Une fois testés au laboratoire de la NYPD, les cailloux se sont révélés être des Jolly Ranchers. Les bonbons avaient été achetés dans une boutique de Surf Avenue quelques minutes avant l'arrestation.

2.Ce n'était pas de la marijuana mais...

Au cours de l'été 2013, des agents de police du Texas mènent une surveillance aérienne au-dessus d'une exploitation agricole d'un hectare et demi, située près de Fort Worth, parce qu'ils pensent que des plants de marijuana y sont cultivés.

Six adultes habitant les lieux –une petite ferme bio nommée «Garden of Eden»– sont menottés par des membres du SWAT. Après une enquête de 10 heures, ils sont libérés, car les serres de marijuana ne faisaient en réalité pousser que des tomates.

3.Ce n'était pas du crack mais...

En septembre 2014, en Caroline du Nord, un homme se fait arrêter pour avoir vendu du crack à un policier infiltré.

En réalité, il n'avait pas la moindre drogue sur lui, mais quand l'agent de police l'avait approché pour lui en demander, il ne s'était pas démonté et avait émietté un bout de Pop Tart qui traînait dans sa camionnette, qu'il vendra pour 20 dollars. L'homme fut condamné pour confection et vente de stupéfiants contrefaits.

4.Ce n'était pas de la cocaïne mais...

En mai 2011, un nettoyeur de moquettes de 45 ans était en déplacement depuis trois jours quand la police de Caroline du Nord l'arrête et lui demande d'expliquer la présence d'une mystérieuse substance à l'arrière de sa camionnette.

Après un test effectué sur place, les agents estiment qu'il s'agit de cocaïne. Selon ce qu'en raconte le Asheville Citizen-Times, après des tests plus poussés en laboratoire de criminalistique, il s'agissait en réalité de 45 kg de fromage et de pâte à tortillas que le suspect avait l'intention d'offrir à sa sœur en lui rendant visite dans le Tennessee. L'homme fut incarcéré pendant quatre jours.

L'explication: le fromage peut contenir certains enzymes responsables de faux-positifs lors de tests d'identification de drogue.   

5.Ce n'était pas de la marijuana mais... (bis)

En octobre 2014, un groupe de policiers de Géorgie perquisitionne le domicile d'un homme à l'aide d'un hélicoptère et de chiens renifleurs: près de la maison, ils avaient détecté des plants de marijuana.

Après inspection, il s'agissait de gombos. Des excuses officielles furent présentées.

6.Ce n'était pas de la MDMA mais...

En avril 2013, un homme de 46 ans est interpellé dans la rue par des policiers de Brooklyn qui lui demandent d'expliquer la présence de «pastilles blanches» dans sa poche.

Suspecté de possession de MDMA, il est gardé à vue pendant 30 heures, selon le New York Post; en fin de compte, les pastilles étaient des bonbons à la menthe Pow Energy. «Il suffisait simplement que les policiers les reniflent», déclara son avocat au journal.

7.Ce n'était pas de la marijuana mais... (ter)

Des officiers de Bel Aire, dans le Kansas, avaient perquisitionné en septembre 2005 le domicile de l'ancien maire de la ville, en place pendant quatre mandats, après avoir conclu, sur la base de photos, qu'il faisait pousser de la marijuana dans son jardin.

Après environ une heure de fouille, les dix policiers dépêchés sur place comprirent qu'il s'agissait en réalité de plants de tournesols, que le maire et sa femme avaient reçu en cadeau de leur fils, biologiste de la faune.

Le maire actuel commanda un rapport pour savoir ce qui avait pu se passer, tout en défendant ses policiers car les tournesols –par ailleurs emblème officiel du Kansas– «n'étaient pas en fleur au moment des faits».

8.Ce n'était pas un labo de meth mais...

Un matin de 2013, des enquêteurs déboulent dans la maison d'une famille du sud de l'Illinois, car, sur dénonciation de voisins, elle cacherait un laboratoire de méthamphétamine.

A la place, ils trouvent un système complexe de bassines et de tuyaux attachés à des arbres, le tout dans le but d'extraire leur sève et de confectionner du sirop d'érable. Selon la presse locale, les agents de police allaient repartir avec des échantillons gratuits.

Leon Neyfakh
Leon Neyfakh (7 articles)
Journaliste
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