France

«FNPS»: ce n’est pas la première fois que l'UMP tente d’imposer cet élément de langage

Repéré par Jean-Laurent Cassely, mis à jour le 02.03.2015 à 11 h 51

Repéré sur Le Figaro, Le Huffington Post

Cette fois-ci, c'est Nicolas Sarkozy qui le ressort dans une interview au Figaro.

Nicolas Sarkozy lors d'un meeting à Paris, le 7 novembre 2014. REUTERS/Philippe Wojazer

Nicolas Sarkozy lors d'un meeting à Paris, le 7 novembre 2014. REUTERS/Philippe Wojazer

Nicolas Sarkozy, dans un entretien au Figaro, est revenu sur l’élection législative partielle dans le Doubs, à l’issue de laquelle le candidat socialiste a remporté le duel l’opposant au second tour à la candidate du FN. A l’approche des élections départementales qui se tiendront les 22 et 29 mars, il affirme:

«Voter pour le FN au premier tour, c'est faire gagner la gauche au second. C'est le FNPS! Voter pour l'UMP n'a jamais en revanche fait gagner la gauche. Voter FN, si. La seule réalité électorale, c'est le FNPS.»

Le néologisme, inspiré du célèbre «UMPS» popularisé par la présidente du Front national Marine Le Pen, a été employé à plusieurs reprises par ses lieutenants depuis plusieurs années, sans parvenir toutefois à s’intaller dans le débat. Dès 2011, lors de la sortie de son livre Le front antinational, Nathalie Kosciusko-Morizet déclarait dans une interview donnée à Jean-Jacques Bourdin sur RMC:

«Quand le Front national parle d’UMPS, en faisant comme s'il y avait une association entre l’UMP et le PS, moi j’ai envie de répondre FNPS, y’a une alliance historique en quelque sorte entre l’un et l’autre.»

En octobre 2013, Jean-François Copé emploie à son tour ce sigle pour affirmer la même chose: le Parti socialiste fait monter le FN: «Ce n’est pas l’UMPS, […] c’est le FNPS», s'exclame-t-il. 

Lors de la réélection de Marine Le Pen à la présidence du FN le 30 novembre 2014, c’est Brice Hortefeux qui relance le néologisme.

«Après avoir tenté de dénoncer, naturellement sans y parvenir parce que ça ne correspond bien évidemment pas à la réalité, l'UMPS, ce qu'elle propose comme alternative c'est le FNPS

Le FNPS est aussi employé sur les réseaux sociaux par les militants sarkozystes.

Comme l’écrivait sur le Huffington Post le linguiste Julien Longhi, le FNPS n’est pas une haplologie ou mot-valise, contrairement à l’UMPS, sigle inventé par Marine Le Pen pour dénoncer la collusion entre les deux principaux partis de gouvernement, ceux qui incarnent le «système». Il s’agit d’une simple juxtaposition, moins inventive sur la forme et donc, sans doute moins susceptible de marquer les esprits et d’être repris.

Le sens est néanmoins différent dans chaque cas: dans l'UMPS, il y a l'idée d'identité ou d'interchangeabilité entre les partis. Le FNPS vise plutôt à indiquer que «le PS favorise la montée du FN. Il n'y a donc pas de mise sur le même plan, mais un rapport d'aide ou en tout cas de relation entre les deux», notait encore le linguiste.

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