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«Aucune base de données en ligne ne remplacera jamais votre quotidien papier»: légère erreur d'appréciation de Newsweek en 1995

Repéré par Charlotte Pudlowski, mis à jour le 02.03.2015 à 7 h 41

Repéré sur Newsweek, Boing Boing

Clifford Stoll lors d'un Ted Talk en 2006

Clifford Stoll lors d'un Ted Talk en 2006

Il y a 20 ans, en 1995, le magazine Newsweek a fait preuve d'un sacré manque de flair. Mais il fait à défaut aujourd'hui preuve d'humour: 

Dans un tweet du 28 février, le magazine américain rappelle que le 27 février 1995, il publiait un papier titré «Pourquoi le Web ne sera jamais le Nirvana». L'auteur, Clifford Stoll, un astronome qui a beaucoup écrit sur les technologies et aujourd'hui âgé de 64 ans écrivait notamment ceci: 

«Ce n'est pas que je ne me suis pas amusé sur Internet. J'y ai rencontré des gens super, et même attrapé un ou deux pirates. Mais aujourd'hui, je suis mal à l'aise par rapport à cette communauté en vogue et survendue. Les visionnaires voient un avenir de télétravail, de bibiliothèques interactives et de cours en ligne. Ils parlent de réunions communales en ligne, et de communautés virtuelles. Les commerces et les affaires se déplaceraient des bureaux et des grands magazins à des réseaux en ligne et des modems. Et la liberté des réseaux numériques rendraient les gouvernements plus démocratiques.

Foutaises! Est-ce que nos experts informatiques manquent de tout sens commun? La vérité c'est qu'aucune base de données en ligne ne remplacera jamais votre quotidien papier, aucun CD-ROM ne peut prendre la place d'un enseignant compétent, et aucun réseau ne changera la façon dont fonctionne notre gouvenement»

L'erreur –facile à moquer 20 ans après– de jugement semble colossale et si elle n'est pas twittée par Newsweek tous les jours, elle est déjà ressortie en ligne à plusieurs reprises ces dernières années. A tel point qu'en février 2010, Clifford Stoll lui-même avait réagi dans les commentaires d'un des articles moqueurs, sur Boing Boing

«De toutes mes erreurs, mes bourdes, mes gaffes, peu ont été aussi publiques que cette gaffe de 1995. 

J'avais tort? Ouais.

A l'époque, j'essayais d'aller contre le sens du vent qui portait tous les commentateurs expliquant comment Internet allait régler tous nos problèmes.

Ca me fait réfléchir. La plupart de mes conneries ont eu une publicité très limitée: la fois où j'ai oublié mes répliques, lors de mon spectacle de fin d'année en primaire (...) ou quand j'ai essayé de sécher mes baskets en les mettant au micro-ondes. (...)

Et de la même manière que j'ai ri de bourdes d'autres personnes, je repense à mes contributions dignes de faire grincer des dents.

Maintenant, chaque fois que je pense savoir ce qui est en train de se passer, je me modère: tu pourrais te planter, Cliff…»

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