Inégalités : une grenade dégoupillée
La repentance des hauts revenus ne garantit pas le changement
- Des membres de la brigade d'assistance aux SDF dans les rues de Paris REUTERS/Jacky Naegelen -
L'heure n'est plus à l'argent fou. Croix de bois, croix de fer, c'est juré. Tout le monde le dit, y compris les banquiers et chefs d'entreprise qui ont pris la plume pour nous asséner leurs analyses sur la crise et leurs remèdes. Au fait, quel est « ce monde d'hier », encore si proche?
Au nom de la concurrence mondiale des élites, il fallait payer sans cesse davantage les grands patrons, disait-on. Symétriquement, au nom de la compétition des marchés du travail, il fallait rémunérer toujours moins une fraction des travailleurs -ceux que l'on nomme les travailleurs pauvres - d'ailleurs dans les pays développés, c'est l'Etat qui devait payer ou compléter les salaires de ces derniers (emplois aidés, RSA, etc...). Autrement dit, le capitalisme en était arivé à servir très généreusement les intérêts d'un groupuscule de dirigeants et de spéculateurs, et assèchait économiquement, à l'autre bout de la chaîne, une partie des salariés qui alternaient emploi précaire et chômage. Soit, pour la France, une fraction infinitésimale de la population contre 10-15 % de celle-ci.
La repentance aujourd'hui des hauts revenus garantit-elle le changement? Les inégalités peuvent être appréciées d'un double regard. L'économie de marché crée certes des richesses et en France notre système de régulation sociale permet d'amortir le choc. Ainsi, si l'on prend, comme le fait l'OCDE dans une étude menée en 2008 portant sur l'évolution des vingt dernières années et procédant par découpage de la population en déciles, la France semble bien placée parmi les pays développés. Les 10% des foyers les plus riches ont un revenu annuel moyen (54 000 dollars) équivalent à la moyenne des pays développés, les classes moyennes aussi (20 000 dollars) alors que les 10% des foyers les plus pauvres (9 000 dollars) ont un revenu 25% plus élevé. Ce score favorable résulte d'un taux d'activité féminin élevé et d'un système de redistribution qui cible non seulement les pauvres mais aussi une partie des classes moyennes. Cette relative efficacité à adoucir les écarts de revenus s'est un peu grippée au cours des dernières années, au détriment des plus pauvres.
En revanche, la croissance des inégalités est particulièrement choquante si l'on s'intéresse à l'évolution des revenus des super riches, par rapport au reste de la population. Le creusement est intervenu essentiellement en raison d'une explosion des très hauts revenus, les 0,01 % composant la strate la plus élevée. Ces super riches ont vu leur revenu réel croître de 42, 6% entre 1998 et 2005, contre 4, 6% pour les 90% des foyers les moins riches (étude de Camille Landais, 2008). En 2007, les patrons du CAC 40 ont perçu le montant record de 161 millions d'euros contre 102 millions en 2006, révèle une enquête du magazine L'Expansion parue en octobre 2008. Ce chiffre a été obtenu par addition de plusieurs rémunérations: salaire de base, bonus, gains encaissés sur les stock-options, dividendes perçus et enfin jetons de présence dans les conseils d'administration. Résultat: les revenus de ces 40 dirigeants d'entreprises ont bondi de 58% en 2007, conclut l'hebdomadaire. Le gain moyen par tête est estimé à 4 millions d'euros, notamment grâce aux profits tirés de la levée de leurs stock-options à l'été 2007, juste avant que la Bourse ne baisse. Mais cette moyenne occulte de forts écarts. En outre, on ignore les salaires et autres avantages reversés en moyenne au top management et aux traders, mais on trouverait probablement le même décalage qu'avec les revenus moyens.
Dans les années 1990, au début de cette course effrénée au qui gagne plus, ces revenus pharaoniques ont bénéficié, pour une brève période, d'une image de légitimité. Ils étaient tenus pour le signe du succès d'entreprises d'origine française mondialisées. Certains ont pu, pendant un temps pavaner comme le symbole irradiant d'une nouvelle économie tirant vers le haut la richesse nationale. Même quelques socialistes leur imputaient des vertus. Cette illusion n'a pas duré.
Depuis des années, plus personne ne croit à que ces dirigeants prétendent être: des êtres tellement rares et tellement exceptionnels que personne ne ferait aussi bien qu'eux. L'argumentaire de la valeur personnelle irremplaçable, comme justification d'émoluments astronomiques, était déjà largement en doute. La crise financière américaine et ses effets en cascades sur l'économie du reste du monde lui ont porté le coup fatal. Ce prétendu marché planétaire des dirigeants, seuls ceux qui en font partie, ou qui y guignent une place, accordent encore du crédit à cette idée et essayent encore de la faire-valoir.
Qui oserait prétendre que la réussite d'une grande entreprise repose sur un seul homme, sorte de deus ex machina à qui reviendrait tout le mérite ? Qui pourrait affirmer que le marché des dirigeants soit de caractère libre et non faussé, alors que la sélection, notamment en France, s'opère à travers des réseaux préconstitués autour des grandes écoles et des cercles de l'élite, et que la promotion au mérite au sein de l'entreprise est rarement le cas ? Qui peut comprendre, de plus, que ces revenus oscillent à peine au gré des résultats de l'entreprise, et que parfois ils en sont complètement déconnectés ? Qui peut qualifier de performant, sous l'égide de ses champions autoproclamés, un système économique qui exclut des conditions de vie « normales » plus de 10 % de la population ? Qui peut admettre, enfin, qu'un dirigeant puisse gagner plus de 500 fois le salaire moyen, sauf à postuler une supériorité de nature quasiment essentialiste d'un humain sur l'autre ?
Dans un contexte déjà guetté par le ressentiment social, la politique fiscale menée par le gouvernement de Nicolas Sarkozy a allumé une mèche supplémentaire. L'établissement d'un bouclier fiscal -un foyer fiscal ne peut pas payer plus de 50 % de ses revenus en impôts-, quelles que soient les motivations souvent défendables qui l'ont déterminé, est apparu comme une provocation. Et cette provocation a tourné au scandale avec la crise d'octobre 2008. Celle-ci a poussé à la réouverture d'un autre dossier longtemps objet de controverses, celui des niches fiscales. Une plongée dans l'imposition des hauts revenus soulève en effet l'étonnement: certains super riches, usant des systèmes de défiscalisation mis en place par les gouvernements successifs, se débrouillent pour ne payer aucun impôt en toute légalité. Ils seraient ainsi 7000 foyers, sur près de 500 000 foyers dotés d'un revenu annuel déclaré de plus de 100 000 euros, à profiter d'une telle aubaine.
Les dispositions pour réguler les hauts revenus demeurent pourtant dérisoires. Le 18 novembre, l'Assemblée Nationale adopte un amendement pour limiter les niches fiscales, décision qui fait suite au débat sur le RSA : les recettes collectées par cette disposition iront à son financement. Depuis des années, l'alourdissement de la fiscalité sur les stocks-options et autres parachutes dorés touchant les dirigeants d'entreprises est en débat. Et aujourd'hui les bonus des traders sont sur la sellette. Divers amendements issus des commissions des Finances de l'Assemblée Nationale ou du Sénat ont été proposés à l'automne 2008 : quelques pâles mesures ont été adoptées, mais la préférence continue d'aller vers l'autorégulation des entreprises, la voie royale recommandée par le Medef. Une recommandation d'un optimisme irréel, que Laurence Parisot défend avec la virulence du général en chef gardien d'une bastille assiégée ....
L'écart de revenus qui s'étire aux deux extrêmes est perçu comme le scandale de l'époque, ici comme ailleurs. Dans une société irriguée d'images et d'informations, nul n'ignore où il se situe et où se situent les autres. Les inégalités sont finement identifiées, super riches et super pauvres figurent dans les mythologies contemporaines et leurs récits de vie étalés dans les journaux alimentent l'imaginaire collectif. La démesure des hauts revenus, en soi difficile à défendre, devient une hérésie dans le contexte d'aujourd'hui, car son effet va bien au delà de l'injustice d'une captation financière. Elle pose une grenade dégoupillée dans l'espace social. Elle dévaste tout projet de cohésion. Elle offre un terreau pour le populisme, les politologues le crient depuis des années. Elle brille comme les bijoux de la reine dans une France en crise.
Certes, les patrons et banquiers auxquels les médias ont généreusement tendu le micro ont redoublé d'énergie pour participer au jeu de massacre du capitalisme financier d'hier. Refuser le « court termisme », revoir le partage des fruits de l'entreprise, favoriser une croissance verte, régulation globale - le talisman sémantique du moment. Beaucoup de vertueuses abstractions. Le seul sujet jamais abordé concrètement dans ces nobles propos : la limitation des revenus, pour laquelle plusieurs voies sont possibles (plafonnement des hauts salaires et bonus, ou l'assouplissement du bouclier fiscal, etc...). Ce silence laisse dubitatif. N'a-t-on pas tout lieu de s'angoisser sur ce monde de demain dans lequel ces contempteurs du monde d'hier comptent bien continuer à jouer un rôle ?
Monique Dagnaud
Mis à jour le 25/02/2009 à 17h49







































Je ne soutiens pas les grands patrons qui se goinfrent cyniquement sur leurs boites mais je suis toujours étonné de voir des stades remplis par des supporters qui payent très cher pour assister à un spectacle de ballon rond joué par des acteurs aux rémunérations indécentes.
Combien de petits artisans, de petits patrons de TPE ou PME au SMIG amélioré pour quelques divas du CAC 40 souvent issus de l'Enarchie qui naviguent du public au privé en fonction des circonstances et des opportunités ?
S'interroger sur le pourquoi des situations précaires qui touchent le plus souvent des familles monoparentales et trouver des solutions pour les aider à mener à bien un projet de vie équilibré est plus constructif que montrer sans cesse le haut d'une pyramide qu'ils sont en train d'écrouler en raison de leur crétinerie criminelle.
Le cycle de l'argent roi et fou, commencé dans les années 80, est en train de prendre fin et dans la tempête qui met tout le monde par dessus bord, l'essentiel est de sauver les plus pauvres de la noyade, aider les entreprenants, les courageux à réussir pour qu'ils puissent nourrir les plus faibles.
Ce sont les Hommes qui font la Société et pas les thèses et rapports aussi brillants, soient-ils
J'aime bien cette phrase là : " Qui oserait prétendre que la réussite d'une grande entreprise repose sur un seul homme, sorte de deus ex machina à qui reviendrait tout le mérite ? "
Et je l'adapte à " Qui oserait prétendre que la réussite D'UN PAYS repose sur un seul homme, sorte de deus ex machina à qui reviendrait tout le mérite ?
Il me semble que pas très loin de nous, certains pensent à le croire.
Je me demande si le système américain n'est pas si mal, en somme ?
Mais je trouve que La Fontaine est encore et toujours d'actualité. Entre " les animaux malades de la peste ", en passant par " le chat, la belette et le petit lapin " et jusqu'à " les grenouilles qui voulaient un roi ", nous y sommes en plein.
Rien de nouveau sous le soleil, malgré la crise. Surtout ne rien changer.
Je suis toujours reconnaissant à ceux qui ne hurlent pas avec les loups et essaient de faire entendre une voie pondérée et juste dans le concert public des manipulations. Je serai plus sévère avec l'auteur de l'article tout en jugeant aussi sévèrement les "trafics" des prédateurs qui se sont inscrit au gang de la fausse monnaie et y on puisé à pleine mains. Je juge sévèrement aussi tous les intellectuels qui ont cautionné de leurs thèses, de leur enseignement ou de leur plume les rationalités qui leur servaient d'argumentaires.
Seulement cela ne justifie pas les analyses de type confusionnel qui ont pour but , en satisfaisant les pulsions et les arrières pensées de leurs auteurs, de manipuler le lecteur et le public. La bonne conscience n'est pas gage de vérité pas plus que les figures de fausse scienticité.
Une formule "il fallait rémunérer toujours moins les travailleurs" veut faire symétrie par rapport aux "augmentations" des dirigeants prédateurs. Mais il n'y a pas eu de baisse des rémunérations des travailleurs salariés. D'ailleurs les exemples cités portent sur ceux qui bénéficient d'assistance. Par ailleurs la pauvreté globale des ménages monoparentaux tiens à l'explosion de leur nombre pas spécialement à la diminution de leurs (trop faibles) ressources.
Quant aux pourcentages ils ont ici pour fonction de leurrer et non de donner de la mesure. Augmentation de 58% d'un dirigeant mais celui qui passe du chômage à l'emploi peut voir ses revenus augmenter dans la même proportion. Est-ce qu'on va le montrer du doigt pour le pourcentage? Par contre rien n'est dit de ce que représentent les augmentations des revenus des dirigeants visés par rapport à la masse des revenus des français et leur évolution. Pourquoi ne pas le dire? Pour accréditer l'idée qu'ils ont puisé dans la poche des pauvres. cqfd. voilà l'équation qu'il faut faire avaler au public.
La convergence actuelle des efforts pour accréditer cette idée est spectaculaire; mythe fondateur justifiant une posture partagée par un grand nombre, animés de bouffées d'animosité qui trouvent là une justification, ou, pour certains d'une avidité de pouvoir sur les autres (la population) qui n'a rien à envier à celui des prédateurs ici dénoncés. Manipulations, amalgames, proportions faussées, mesures détournées, métaphores habiles... L'existence d'un malignité certaine (une part de vérité) est exploitée pour légitimer une thèse pire que ce qui est dénoncé. L'histoire humaine du siècle dernier l'a abondamment démontré. Les incendiaires purificateurs attisent leurs brûlots, les pompiers pyromanes sont à la manoeuvre. les crises et les souffrances fournissent les braises et les arguments pour l'incendie final du grand soir appelé des voeux de bien des auteurs et commentateurs ici même. N'y aurait-il pas pour une publication qui a les objectifs de Slate une mission d'éclairement comme le fait déjà avec talent Denis Pessin? Le titre de "la grenade dégoupillée" a lui une autre fonction. Il s'agit bien de donner du Sens le pire ou le meilleur?
Nulle autorégulation n'est possible sur le seul poids des déclarations d'intention, telles celles de Laurence Parisot. Pourtant l'autorégulation est LA solution aux problèmes économiques. La seule difficulté réside dans la détermination du point d'équilibre et surtout dans le poids des corporatismes, de ceux, riches et pauvres, qui profitent largement de ces déséquilibres.
Un exemple simple que l'on pourra étendre au monde financier : les médecins de campagne.
On ne trouve plus de docteurs désirant s'installer dans certaines régions trop éloignées des villes. Comme si la première et unique raison de faire ce métier était de profiter des avantages que procurent l'argent et les conforts de la civilisation citadine. Il y a donc un fort déséquilibre, quelles qu'en soient les raisons. A t-on cherché à auto-équilibrer les besoins et les offres par un système d'imposition interne permettant de donner de larges avantages pécuniers à cette "expatriation" ? Une charge de régulation dépendant de ses propres résultats (on l'augmente jusqu'à ce qu'elle aboutisse) ? Que nenni ! La corporation s'y oppose. Résultat : tout comme les banquiers se protégeant sous les hospices d'un Etat pris en otage, on voit des communes prendre en charge l'intégralité de la formation de jeunes étudiants en médecine, en échange d'une promesse d'installation de 10 ans dans leur territoire ! Cette chronique réelle, vue au journal télévisé du jour, pourrait sembler idylliques aux simples journalistes. Elle est insuportable d'injustice et de déséquilibre : ce n'est pas aux contribuables locaux à payer l'incurie d'une profession égoiste. Mais à eux et eux seuls, sur les bases de règles claires et équilibrée, à faire la police dans leurs rangs. Et pas seulement par le truchement de "déclarations d'efforts consentis" à la Laurence Parisot : le porte-monnaie doit être mis à contribution puisque c'est l'aune de ces professions dites "libérales".
Car une telle pratique de subventionnement déséquilibre le monde rural déjà trop fortement désavantagé ! Et la multiplication de ces charges n'a pas à être compensée par une répartition étatique de décentralisation, car cette dernière n'a pas de prise sur CHAQUE déséquilibre ainsi cumulé. La règle d'Or de l'auto-régulation étant de se baser sur les sources mêmes de dérégulations.
Le problème, c'est qu'au lieu d'instaurer des systèmes régulateurs simples, l'Etat privilégie toujours l'ajout de poids plus ou moins justifiés dans des balances de plus en plus surchargées (cf notre système d'imposition qui en arrive à exonérer les plus nantis).
Le salaire des patrons suit la même logique que les docteurs, les taxis, ou les pharmaciens : une corporation qui s'exonère de ses propres réussites ou échecs et qui refuse obstinément de voir les émoluments dépendre du succès de ses entreprises. Une corporation élitiste qui s'auto-entretient par le maintien de "classes sociales" issue de grandes écoles, refusant le principe, pourtant régulateur et source de motivation et de dynamisme, de l'ascenseur social.
Le problème ne vient donc pas des seuls grands patrons, comme voudrait le faire croire la Gauche, mais de toute la pyramide supérieure. Et du fait que la balance penche bien trop fortement à leur avantage. Il ne faut pas les imposer de manière arbitraire (IS) par un Etat toujours enclin à ne pas répercuter les sommes là où elles sont nécessaires, mais concevoir un système autorégulé en interne, au sein même de chaque entreprise : plus il y a de responsabilité, plus le salaire dépend des bénéfices.
Mais allez dire ça aux cadres ! Seul un Etat fort pourrait imposer de telles règles. Le fera-t-il ?
Bonjour.
Si la grenade est dégoupillée.., gageons que ce ne soit pas dans un dépôt d’explosifs !
Votre article ne se focalise que sur l’indécence des hauts revenus, pourtant il renvoi à d’autres questions, d’autres « indécences » du monde et de la société dans laquelle nous vivons et qui viennent sur la frange de votre propos.
Vous occultez a mon sens, que l’état est un complice si ce n’est instigateur de ce système indécent tout en se faisant passer pour l’aumônier des bas salaires et des travailleurs pauvres.
Vous parlez du système de régulation social comme d’un amortisseur de la crise en France. C’est pourtant ce système qui à été attaqué avec une rare violence, par le MEDEF, mais aussi par les politiciens. L’état lui-même, en mettant en place un démantèlement systématique règles et des protections sociales à contribué à développer cette économie de marché incontrôlée !
Qu’est ce qui est choquant ?
Les revenus des super riches ou la baisse de revenu des autres, qui confère à cette population le double rôle de travailleur et pauvre a la fois (pour ne pas dire de mendiant). Cela me fait penser aux travailleurs du limousin durant la période de la révolution industrielle.
Notre époque est servile, et les barons de la finance tout comme les capitaines d’industries ont effectivement asservis une bonne partie de la population !
Vous dites que plus personne ne croit en « l’exceptionnalité » des dirigeants. Malheureusement je ne le crois pas, il suffit d’écouter la sémantique archaïque dans le discourt de Parisot.
La reproduction des élites entre eux annihile toute possibilité de diversité, c’est une société de castes. Ce cloisonnement n’est pas sans poser d’autres problèmes à ceux qui voudraient changer de classe sociale. (Lire : La Névrose de classe. Trajectoire sociale et conflits d'identité Vincent de Gaulejac, Hommes et groupes, 1995.)
Lorsque vous demandez, « qui peut admettre, enfin, qu'un dirigeant puisse gagner plus de 500 fois le salaire moyen, sauf à postuler une supériorité de nature quasiment essentialiste d'un humain sur l'autre ? ».
Cela renvoi aussi à la question des privilèges « indécents » que peuvent avoir des députés et sénateurs qui cotisent six ans, là ou d’autre sont obligés de cotiser 40 ans et plus !
Ont-ils eux aussi une supériorité de nature quasiment essentialiste d'un humain sur l'autre ?
Dormir dans une assemblée est il plus respectable qu’un maçon qui monte un mur ? Certes je caricature (à peine), cette « indécence » là, mais est elle plus, ou moins indécente que celui qui dirige une multi nationale et gagne des millions ?
Il est inexacte de penser que dans une société irriguée d'images et d'informations, nul n'ignore où il se situe et où se situent les autres. Nous somme comme vous le dites une société d’images, du paraître. Si l’on se place sur le plan de référence que constitue le nombre d’années d’études sanctionné par un diplôme comment être sur qu’un balayeur est bien que ce qu’il parait être, à savoir un balayeur ?
Ne pensez vous pas qu’il peut aussi avoir un master ou un doctorat ? Dans ce cas il n’ignore surement ou il devrait se situer, d’abord par rapport à ce qu’il est, mais aussi par rapport aux autres. Il n’est pas sur par contre que les autres sachent ou il se situe, et ou il devrait se situer.
Enfin, pour répondre à votre dernière question, je dirais que l’homme est un mutant, que tout se transforme, mais que rien ne change !
Jen Sairien