Monde

Le FBI a-t-il encouragé des New-Yorkais à rejoindre l'Etat Islamique avant de les arrêter?

Repéré par Grégor Brandy, mis à jour le 28.02.2015 à 15 h 16

Repéré sur The New Yorker, The Intercept

Des agents du FBI en mars 2010. REUTERS/Adam Hunger

Des agents du FBI en mars 2010. REUTERS/Adam Hunger

Trois New-Yorkais ont été arrêtés mercredi 25 février dans un coup de filet anti-terroriste. Deux d'entre eux envisageaient de rejoindre la Syrie pour intégrer l'organisation Etat islamique. Le troisième les a aidés à organiser leur départ. Comme l'expliquait alors le Wall Street Journal, «ils sont accusés de tentative et conspiration pour fournir un soutien matériel à l'EI».

L'un d'entre eux, Abdurasul Hasanovich Juraboev, avait été repéré et interrogé par le FBI, mais l'agence ne l'avait pas arrêté, même s'il avait déclaré qu'il «tuerait le président Obama si l'EI le lui demandait, ou placerait une voiture piégée à Coney Island si l'EI l'exigeait». En regardant le contenu de la plainte pénale, le New Yorker a remarqué qu'un informateur payé par le FBI a longtemps été en contact avec deux d'entre eux, Juraboev, et son colocataire, Akhror Saidakhmetov.

Cet informateur avait également acheté un billet d'avion pour partir avec eux en Syrie.

Pour le New Yorker, il est possible d'interpréter tout ceci de deux façons différentes. Soit les deux hommes étaient déjà radicalisés et allaient passer à l'acte de toute façon, soit l'informateur du FBI a fait irruption dans leur vie et les a aidés à planifier ce voyage en Syrie, ce qui les aurait poussés à agir, chose qu'ils n'auraient peut-être pas fait sans lui.

The Intercept, le magazine en ligne créé par Glenn GreenwaldJeremy Scahill et Laura Poitrasest de son côté plus affirmatif:

«L'informateur, sous la direction du FBI, a évidemment aidé les deux hommes à aller vers le terrorisme au cours de ces mois. Au lieu des les dissuader, l'informateur est allé jusqu'à regarder des vidéos avec Saidakhmetov, âgé de 19 ans et l'aider à faire ses papiers pour le voyage.

Une étude conduite par Mother Jones et l'Investigative Reporting Program de UC Berkeley en 2011 démontrait que sur les 508 personnes accusés de terrorisme depuis le 11 septembre, "environ la moitié des poursuites impliquaient l'utilisation d'informateurs, la plupart motivés par l'argent", certains d'entre eux étant payés jusqu'à 100.000 dollars par mission. Sur les opérations d'infiltration qui ont produit des arrestations dans le cadre d'affaires de terrorisme, on estime que presque un tiers ont été menés par un agent provocateur employé par le FBI.»

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