Culture

Le problème avec la chute de Madonna, c'est que c'était la seule chose intéressante des Brit awards

Temps de lecture : 2 min

Madonna aux Brit Awards le 25 février 2015. REUTERS/Toby Melville.
Madonna aux Brit Awards le 25 février 2015. REUTERS/Toby Melville.

Si vous avez entendu parler des Brit Awards ce jeudi matin, c’est probablement à cause de la chute douloureuse de Madonna (la chanteuse va bien et, en professionnelle, s'est relevée immédiatement pour finir sa chanson).

Comme l’explique le Guardian, c’est bien là le problème. Autrefois bien plus excitante que nos Victoires de la Musique nationales, la cérémonie britannique n’a plus rien de bien attrayant. C’est ce qu’explique le journaliste Alexis Petridis:

«Les lauréats de cette année étaient ennuyeusement prévisibles, il n’y a pas eu une surprise ou une décision que vous n’auriez pas pu prédire. Peut-être que quelqu’un prédisait vraiment la victoire de FKA twigs ou Chvrches contre Sam Smith dans la catégorie révélation de l’année ou que St Vincent allait triompher de Taylor Swift, mais vous n’auriez pas parié sur leur existence.»

Le journaliste du Guardian regrette que tout soit autant contrôlé, et juge que la cérémonie de remise de prix ne vaut que pour les prestations en live de quelques chanteurs et chanteuses.

Autre problème, le manque de représentativité de la diversité musicale britannique. Où donc étaient le «free jazz», le rap ou la PC Music?

Pourtant, les Brit awards n’ont pas toujours été aussi ennuyeux. Comme le rappelle The Independent, plusieurs incidents ont marqué l’histoire de la cérémonie britannique, en place depuis 1977. En 1998, John Prescott, le vice-Premier ministre de l’époque s’est fait renverser un pichet d’eau dessus par le chanteur Danbert Nobacon.

On se souvient aussi du choc qu’avait provoqué l’irruption sur scène de Jarvis Cocker en 1996, alors que Michael Jackson chantait son dernier single. Dans un article datant de 2012, le Guardian appelait déjà à rendre la cérémonie plus punk:

«C’est peut-être dur à imaginer maintenant, mais pour la plupart des musiciens, les Brits étaient une blague élaborée et l’opportunité de frasques subversives.»

Pour d’autres médias britanniques, la cérémonie de remise de prix a de toutes façons toujours été «chiante». C’est ce qu’explique Radio Times:

«Mais la vérité, c'est que les Brits n’ont jamais été un chaos rock n 'roll, pas plus qu’une fête d'anniversaire au Hard Rock Café ne vous transforme en Pete Doherty. Vous ne vous souvenez pas d'un âge d'or de la musique: vous vous rappelez de votre vie quand vous étiez jeune et heureux.»

Pire, si l’on regarde la liste des vainqueurs de la cérémonie, c’est Robbie Williams qui remporte le plus de prix. Les Beatles font eux jeu égal avec Dido.

The Telegraph dresse quand même la liste de ce qui pourrait améliorer les Brit Awards. Première idée, changer les présentateurs, mais aussi la salle, bien trop grande. Et puis, et tant pis si c’est cliché, les organisateurs «devraient fournir plus d’alcool» aux invités.

De toute façon, conclut Alexis Petridis dans son article du Guardian, si la soirée «prouve quoi que ce soit, c’est que les Brit Awards sont considérablement moins intéressants à regarder que quelqu’un qui tombe».

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