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Attentats de janvier 2015: ce que l'on sait des évènements qui ont précédé les attaques

La Police devant l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, le 10 janvier 2015. REUTERS/Yves Herman.

La Police devant l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, le 10 janvier 2015. REUTERS/Yves Herman.

Que s'est-il passé entre la fin décembre et l'assaut contre Charlie Hebdo, le 7 janvier? Récapitulatif des nombreux points soulevés par l'enquête et par la presse depuis deux mois.

Depuis le 10 janvier 2015, de nombreuses enquêtes ont été publiées par la presse sur les attaques contre Charlie Hebdo, à la porte de Montrouge et contre l’Hyper Cacher, qui ont fait 17 victimes au total. Les révélations du JDD, le 18 janvier, du Monde, le 18 février, et de L'Obs, ce jeudi 26 février, permettent de mieux savoir ce qu'ont fait Cherif et Said Kouachi et Amedy Coulibaly durant les deux semaines qui ont précédé les attentats.

26 décembre 2014

Grâce à l’Obs, on sait comment Amedy Coulibaly s’est procuré des armes. L’hebdo raconte que le terroriste est passé par l’un de ses amis de Fleury-Mérogis, prénommé Willy P. C’est le 26 décembre que ce dernier aurait reçu 200 euros de Coulibaly pour faire des achats chez un armurier de Montrouge, selon ce qu'il a raconté pendant sa garde à vue:

«Il m’a dit que cela ne me regardait pas. Il rigolait, il disait que ce n’était rien de méchant. […] Je lui ai dit que quand même, c’est moi qui allais les acheter. Il a continué à me dire que ce n’était rien."

27 décembre 2014

C’est à partir du 27 décembre que Willy P., accompagné de Christophe R. et de Tonino G., va acheter «en plusieurs fois, un matériel important pour Coulibaly dans deux surplus militaires, à Montrouge et porte de Clignancourt». L’Obs mentionne des couteaux Smith & Wesson, des paires de gants en cuir avec doublure polaire, deux gilets tactiques noirs, un gilet de camouflage vert, un Taser et deux gazeuses de lacrymogène.

Le Monde, dans ses révélations sur les «nombreux sous-traitants de Coulibaly», souligne l'importance d'un quatrième homme, dénommé Mickaël A., dont l'ADN aurait été retrouvé sur deux des armes du terroriste. L’homme aurait également été au téléphone fréquemment avec lui dans les mois qui ont précédé l’attaque.

Ce que l’on note, c’est la grande prudence des intéressés dans la préparation des attentats. A chaque fois que Willy P. aurait échangé des textos avec Coulibaly, il l’aurait fait via le portable de la personne l’accompagnant.

Les quatre personnes en question ont été mises en examen mais «nient pour le moment catégoriquement avoir été mis au courant de son projet meurtrier et pensaient que Coulibaly allait commettre un simple braquage ou un go-fast».

30 décembre 2014

C'est la date à laquelle Amedy Coulibaly se fait arrêter par la police pour un contrôle de routine, selon Le Canard enchaîné. Deux motards contrôlent Coulibaly et sa compagne Hayat Boumeddiene vers 11h45, rue Simon-Bolivar, dans le XIXe arrondissement de Paris.

Coulibaly étant fiché en raison de son «appartenance à la mouvance islamiste», les deux policiers lancent une «recherche de renseignements sans attirer l’attention». Il n’est pas demandé aux agents de procéder à son interpellation. Le couple reprend sa route.

31 décembre 2014

A la frontière turco-bulgare, Fritz-Joly Joachin, un Français de 28 ans, est arrêté en compagnie de son fils de 3 ans par les autorités bulgares, tandis que les autorités turques refoulent trois autres passagers français, dont Cheikhou Diakhaby, un ancien membre de la filière des Buttes-Chaumont. Les deux hommes, qui connaissaient les Kouachi, ont été extradés et mis en examen fin janvier pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme.

1er janvier 2015

C’est le jour choisi pour organiser la fuite de Hayat Boumeddienne en Syrie. Comme l’explique le Figaro, une réunion est organisée à Bondy chez Mohamed Belhoucine, une connaissance de Coulibaly, suspecté d'avoir diffusé sa vidéo de revendication. Belhoucine est accompagné de son frère Mehdi «et d’un autre homme converti originaire de Seine Saint-Denis».

D’après l’Obs, Coulibaly aurait lui aussi été présent sur place. Le même jour, il vient récupérer le matériel stocké chez Christophe R.

2 janvier 2015

Chérif et Saïd Kouachi sont à Reims tandis que, en banlieue parisienne, l’entourage de Coulibaly s’active. Willy P., accompagné de trois hommes, se rend à Villeselve, dans l’Oise, pour acheter une voiture repérée sur Le Bon Coin pour le compte de Coulibaly. Comme le note l’Obs, c’est cette voiture qui sera retrouvée «à côté de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, avec, à l’intérieur, tout un arsenal, dont un gyrophare et trois gilets pare-balles».

A l'aéroport de Madrid-Barajas, Mehdi Belhoucine et Hayat Boumeddiene prennent le vol de 14h25 de la compagnie Pegasus pour Istanbul. De là, ils gagneront la Syrie le 8 janvier. Au total, onze personnes ont fui vers la Syrie en quelques jours dans le cadre de cette filière.

3 janvier 2015

Amedy Coulibaly récupère la Scénic auprès de Willy P.

4 janvier 2015

Amedy Coulibaly prend possession d’une planque qu’il loue à Gentilly pour une semaine. C’est là qu’il filmera sa vidéo de revendication. Selon le procureur de Paris François Molins, l'appartement s’apparentait «à un véritable logement conspiratif», où on a retrouvé de très nombreuses armes.

Dans le même temps, Saïd Kouachi monte dans un train pour Paris. L’Obs note que «son portable est localisé dans le XIe, à proximité des locaux de "Charlie Hebdo"». Sans doute pour un possible repérage.

5 janvier 2015

Selon le parquet de Paris, Amedy Coulibaly et Michael A. passent une grande partie de la journée ensemble: «Les deux hommes ont probablement passé six heures ensemble, leurs portables ont en tout cas été repérés au même endroit», écrit le Parisien.

6 janvier 2015

En cette veille d'attentats, Michael A. et Amedy Coulibaly ont dix-huit contacts téléphoniques, selon l'enquête. Comme l’explique l’Obs, dans la soirée, Amedy Coulibaly se rend au domicile de Chérif Kouachi, à Asnières. L’hebdomadaire ajoute que «l’après-midi même, les deux hommes ont échangé trois SMS, sur les mêmes téléphones». Une information surprenante, vu la grande prudence exercée par Coulibaly, qui jonglait entre 13 lignes téléphoniques.

Le Monde nous apprend aussi que les terroristes ont failli décaler l’attentat à cause «d’une coriace gastro-entérite de Saïd Kouachi». Mais l’homme, qui a passé la nuit à vomir, décide quand même de mettre son projet à exécution.

7 janvier 2015

C’est à 10h19, comme l’explique Le Monde, que le dernier SMS échangé entre Coulibaly et les frères Kouachi est envoyé, sans que l'on en connaisse encore la teneur. Selon le quotidien, c’est la première fois que les enquêteurs peuvent établir un lien entre les deux attaques. Le SMS avant-coureur «a été envoyé d’une ligne de téléphone qui n’a manifestement été ouverte que dans le but de permettre aux trois hommes d’échanger discrètement durant les 24 dernières heures avant le début des tueries».

Très informés sur la situation de la rédaction de Charlie Hebdo, les frères Kouachi, avaient aussi des détails, d’après RTL, sur la protection policière de Charb. D’après la radio, le caricaturiste aurait du être escorté par deux policiers, contre un seul le jour de l’attaque. A priori, «ce dernier serait allé faire une course». Une situation que RTL décrit comme «une faille, voire une faute, sur laquelle doit désormais se prononcer la hiérarchie policière».

Vers 11h20, ce jour-là, les frères Kouachi pénètrent au siège de Charlie-Hebdo, 10 rue Nicolas-Appert.

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