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Antiterrorisme: les Pakistanais qui refusent de faire enregistrer leurs empreintes digitales seront privés de téléphone

Temps de lecture : 2 min

Un enfant pakistanais avec un téléphone à Karachi, en juillet 2014. REUTERS/Akhtar Soomro.
Un enfant pakistanais avec un téléphone à Karachi, en juillet 2014. REUTERS/Akhtar Soomro.

Pour lutter contre le terrorisme, le gouvernement pakistanais veut cataloguer les empreintes digitales de ses citoyens dans une vaste base de données. Mais comment faire pour que les gens coopèrent et donnent rapidement leurs identifiants biométriques pour ce fichier? Le gouvernement leur a lancé un ultimatum: s'ils ne s'enregistrent pas avant le 15 avril, ils seront privés d'abonnement téléphonique, rapporte le Washington Post.

Cette initiative fait partie des vingt mesures antiterroristes mises en oeuvre après le massacre de 150 élèves et enseignants par des talibans dans une école de Peshawar, en décembre dernier.

Afin d'être identifiés avant la date limite du 15 avril, des millions de Pakistanais font actuellement des heures de queue devant les boutiques de leurs opérateurs de téléphonie mobile, rapportent les journalistes Tim Craig et Shaiq Hussain. Le but est de faire en sorte que chaque carte SIM utilisée dans le pays soit reliée à un utilisateur fiché. Selon les autorités, la base de données permettra aux enquêteurs de retrouver les terroristes et criminels plus facilement.

Selon un officiel de la défense pakistanaise interviewé par NBC, les tueurs de Peshawar communiquaient via téléphone portable avec leurs supérieurs en Afghanistan. Ils avaient utilisé plusieurs téléphones qui étaient au nom d'une femme sans rapport apparent avec leur groupe. En effet, le processus d'attribution des cartes SIM était jusqu'ici assez chaotique, avec certains abonnés qui avaient de multiples cartes à leur nom. Le gouvernement est d'autant plus vigilant qu'au Pakistan, des téléphones portables ont plusieurs fois été utilisé pour faire exploser des bombes à distance.

Interviewé par le Washington Post, le directeur de l'opérateur Mobilink explique avoir envoyé 700 camionnettes pour faire enregistrer les clients qui vivent dans des villes et villages isolés.

Pour l'instant, la menace de privation de téléphone semble bien fonctionner: en seulement six semaines, 38 millions de résidents ont enregistré leurs empreintes auprès de leurs opérateurs mobile. Il reste environ 50 millions de cartes SIM à vérifier en moins de deux mois, donc de nombreuses heures de queue à venir.

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