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La reprise de Mossoul risque d'être plus compliquée que prévu, selon des officiels américains

Temps de lecture : 2 min

Un militant de l'Etat islamique, dans la ville syrienne de Tabqa, le 24 août 2014. REUTERS
Un militant de l'Etat islamique, dans la ville syrienne de Tabqa, le 24 août 2014. REUTERS

L'organisation Etat islamique a subi son premier gros revers à la fin janvier, quand la ville de Kobané, proche de la frontière entre la Syrie et la Turquie a été reprise.

Ces derniers jours, les Etats-Unis ont présenté un plan pour reprendre la ville de Mossoul, la deuxième plus grande ville d'Irak, derrière Bagdad. Mais alors que cette offensive est prévue pour le printemps, le Pentagone a émis de sérieux doutes sur le calendrier, raconte The Daily Beast.

Le site Internet américain a interrogé plusieurs officiers américains qui émettent deux grosses réserves. La première, c'est que l'armée irakienne est principalement constituée de chiites qui n'auraient pas vraiment envie de risquer leur vie pour libérer une ville qui est à large dominante sunnite.

«Même si les troupes irakiennes décident de faire face et de combattre cet autoproclamé Etat islamique, voir des forces chiites rentrer et potentiellement ravager une ville sunnite dans l'espoir de la sauver pourrait être vu différemment par les sunnites irakiens et plus largement dans le monde sunnite. Les tensions sectaires sont vraiment ancrées et particulièrement en Irak.»

L'autre problème que présente Reuters, c'est que pour l'organisation Etat islamique, Mossoul est une ville clé et elle a transformé la ville en forteresse. Il y a quelques mois des entrepreneurs s'étaient réunis pour savoir qui allait rafler un contrat présenté par l'Etat islamique.

«Le document précisait qu'une tranchée de deux mètres de profondeur et deux mètres de largeur devait être creusée autour de Mossoul.»

«En plus des tranchées, ils ont scellé l'entrée ouest de Mossoul avec des murs de béton géants. Ils ont aussi fait sauter le pont que des combattants kurdes pourraient utiliser pour attaquer Mossoul.»

The Daily Beast rappelle qu'il a fallu 112 jours pour que les forces kurdes au sol puissent reprendre Kobané avec le soutien aérien des Etats-Unis.

«D'une certaine manière, Kobané était l'un des combats les plus simples que la coalition pouvait choisir. L'EI n'était pas particulièrement bien retranché là-bas. Et la ville était déjà largement abandonnée quand il avait essayé de la prendre. En d'autres mots: la coalition pouvait frapper sans trop de crainte pour les vies civiles.»

Un activiste syrien estimait ainsi dans le Guardian:

«Les gens ne voient pas Kobané comme étant une défaite de l'Etat islamique, parce que tout le monde a dû partir et que les Américains l'ont bombardé jusqu'à la ruine.»

Ce qui fait dire à Joshua Keating de Slate.com que «le jugement serait encore plus dur si les Etats-Unis décidaient de détruire la deuxième plus grande ville irakienne pour la sauver».

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