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La levure, une prometteuse alternative à l’huile de palme?

Repéré par Lucie de la Héronnière, mis à jour le 23.02.2015 à 12 h 42

Repéré sur University of Bath, Munchies, The Guardian

Palm Oil Production/ oneVillage Initiative via Flickr CCLicence By

Palm Oil Production/ oneVillage Initiative via Flickr CCLicence By

L’huile de palme se cache dans de nombreux produits industriels, parce que son prix est avantageux, mais aussi parce qu’elle a des propriétés physiques très intéressantes, qui donnent de l’onctueux à la pâte à tartiner ou du croustillant aux biscuits.

Pour des raisons environnementales, des chercheurs travaillent pour trouver des alternatives à cette graisse décriée. Avec l’idée de lutter contre la déforestation, une équipe de l’Université de Bath a ainsi développé une méthode pour transformer une sorte de levure particulière, utilisée dans la production de vin, en une source d’huile ayant des propriétés similaires à l’huile de palme (donc avec toujours autant d’acides gras saturés, par contre), explique Munchies.

La peu connue Metschnikowia pulcherrima est historiquement utilisée dans la vinification en Afrique du Sud (pour transformer le sucre en alcool, dans ce cas-là). On trouve cette levure un peu partout, sur beaucoup de feuilles d’arbres, de fruits et de fleurs.

«Les premiers tests en laboratoire suggèrent qu’en ajustant les conditions de croissance de la levure Metschnikowia pulcherrima, on peut produire une huile plus épaisse que l’huile de palme, et qui pourrait même donner des produits de meilleure qualité», lit-on sur le site de l’Université.

Et cette levure prospère sur de la matière organique. Chris Chuck, un des chercheurs de l'équipe, précise au Guardian:

«Indépendamment de ce que vous mettez au début, qu’il s’agisse de colza, de paille ou de déchets alimentaires, Metschnikowia pulcherrima peut utiliser les sucres et se développer grâce à eux.»

En outre, les déchets venus de la production pourraient être recyclés ou réutilisés. Et la surface utilisée pour la production de cette huile pourrait être 10 à 100 fois moins importante que celle utilisée pour l’huile de palme. Doug Parr, de Greenpeace Royaume-Uni, est plutôt satisfait:

«Les technologies qui peuvent produire de l’huile à partir de déchets et qui n’entrent pas en concurrence avec les terres dédiées à l’agriculture semblent très prometteuses.»

Ceci dit, il est selon lui encore un peu tôt pour crier victoire, parce que la commercialisation peut révéler des problèmes environnementaux et pratiques non détectés en laboratoire.

Et il y a quand même un gros problème: le coût de toute cette affaire. Pour être viable (et intéresser les industriels), le processus devrait coûter entre 800 et 900 dollars (708 à 796 euros) par tonne d’huile, souligne le Guardian, et c'est encore loin d'être le cas. 

Enfin, selon les chercheurs, une longue série de tests à plus grande échelle est encore nécessaire. Ils devront notamment se pencher sur la protection de la levure contre les insectes, sur comment maintenir des niveaux élevés de gras saturés… D’ici là, l'huile de palme de votre pâte à tartiner a encore de beaux jours devant elle. 

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